SECOND MÉMOIRE. 147
facilité de trouver de la graine en abondance et à bonmarché ; car le commerce s’en fait à Bordeaux , et,depuis quelques années , dans le Maine .
Cet arbre a deux propriétés bien connues et quiexcitent à en faire de grandes plantations : l’une est dorésister aux vents de mer, qui ne permettent pas àla plupart des arbres de végéter sur nos côtes , avan-tage inappréciable pour plusieurs de nos provinces.Et non-seulement c’est dans les pays où le pin mari-time est battu par les vents de mer , qu’il est indigèneet qu’il réussit le mieux , mais il sert encore à ga-rantir les autres arbres de l'effet de ces vents , quileur sont si funestes. Ce dernier fait est parfaitementconnu dans là Guienne , où je l’ai vérifié sur un petitcap avancé dans la mer à l’entrée du bassin d’Arca-chon , qu’011 nomme la Têle de Buch , et qui a donnéson nom au célèbre Captai de Buch, du tems deCharles V .
Ce cap est entièrement couvert de bois; je n’y aitrouvé que trois especes d’arbres , le pin maritime,l’arbousier et de très-beaux chênes , mais des chênesqui produisent de la noix-de-galle , ce qu’on croyaitqu’aucun chêne ne produisait en France . J’en airamassé au pied de ces arbres ; je les ai portées àM. Baume , qui les a examinées et les a reconnuespour de la vraie noix-de-galle , qui serait reçue dansle commerce , quoique d’une qualité inférieure àcelle du levant.
Il est évident que ces chênes , entourés de toutepart par la mer, ne vivent et 11e prospèrent , sur lecap de Buch , qu’au moyen des pins maritimes etde l’abri qu’ils en reçoivent , puisque les vents demer dessèchent totalement les chênes de nos côtesqui ne sont point abrités.
Les Bretons ont su profiter de cette observation :depuis environ cinquante ans ils ont garni une partiede la côte méridionale de leur province en pins ma-ritimes , et cette lisière, sans être fort épaisse, garantit