Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. 147

facilité de trouver de la graine en abondance et à bonmarché ; car le commerce s’en fait à Bordeaux , et,depuis quelques années , dans le Maine .

Cet arbre a deux propriétés bien connues et quiexcitent à en faire de grandes plantations : l’une est dorésister aux vents de mer, qui ne permettent pas àla plupart des arbres de végéter sur nos côtes , avan-tage inappréciable pour plusieurs de nos provinces.Et non-seulement c’est dans les pays où le pin mari-time est battu par les vents de mer , qu’il est indigèneet qu’il réussit le mieux , mais il sert encore à ga-rantir les autres arbres de l'effet de ces vents , quileur sont si funestes. Ce dernier fait est parfaitementconnu dans là Guienne , où je l’ai vérifié sur un petitcap avancé dans la mer à l’entrée du bassin d’Arca-chon , qu’011 nomme la Têle de Buch , et qui a donnéson nom au célèbre Captai de Buch, du tems deCharles V .

Ce cap est entièrement couvert de bois; je n’y aitrouvé que trois especes d’arbres , le pin maritime,l’arbousier et de très-beaux chênes , mais des chênesqui produisent de la noix-de-galle , ce qu’on croyaitqu’aucun chêne ne produisait en France . J’en airamassé au pied de ces arbres ; je les ai portées àM. Baume , qui les a examinées et les a reconnuespour de la vraie noix-de-galle , qui serait reçue dansle commerce , quoique d’une qualité inférieure àcelle du levant.

Il est évident que ces chênes , entourés de toutepart par la mer, ne vivent et 11e prospèrent , sur lecap de Buch , qu’au moyen des pins maritimes etde l’abri qu’ils en reçoivent , puisque les vents demer dessèchent totalement les chênes de nos côtesqui ne sont point abrités.

Les Bretons ont su profiter de cette observation :depuis environ cinquante ans ils ont garni une partiede la côte méridionale de leur province en pins ma-ritimes , et cette lisière, sans être fort épaisse, garantit