SECOND MÉMOIRE. l55 '
tous les jours , est arrivé à un très-grand nombre. Jecrois qu’il faut attendre encore quelques années poursavoir leur sort. C’est aussi avec le teins qu’on ap-prendra si ceux qui sont restés sains donneront assezde graine pour que leur bois se repeuple sous leurspieds.
A l'égard des jeunes pins maritimes, le plus grandnombre a péri , excepté les plus petits , que la neigeavait entièrement couverts avant, la forte gelée.
.le conclus de là que si l’on n’a aucun arbre à subs-tituer au pin maritime , soit pour les usages auxquelson l’emploie, soit pour les terrains dans lesquels ilréussit, il ne faut pas se décourager , ni renoncer àen planter d’après le malheur de 1789 ; mais que s’ily a un autre arbre qui ait les mêmes avantages, sansêtre sujet aux mêmes inconvéniens , il faut le pré-férer sans hésiter. Ceci nous conduit à parler du pinsylvestre.
L’hiver de 1789 nous a appris qu’aucune des va-riétés à qui Linné , Haller et M. Pallas ont donné lenom de pim/s sylves/ris , n’a souffert de l’excès dufroid ; et tandis que les arbres de nos forêts et lesfruitiers de nos jardins en ont été plus ou moins al-térés , et que le pin maritime a péri presque entière-ment, le pin sylvestre n’a pas été plus fatigué quedans les hivers ordinaires; observation importante,et qui nous oblige d’entrer dans de grands détails surce pin, dont on ne peut assez recommander la cul-ture.
Le pin sylvestre est bien plus commun et bien plusuniversellement répandu que le pin maritime.il estindigène dans les Alpes , dans le Dauphiné , dans laProvence , dans les Pyrénées , dans les montagnesd’Auvergne , dans les monticules du Lyonnais et duForés , dans la chaîne du dura et celle des Yôges; ily en a de grands bois en Alsace , il y en a des forêtsdans toute l’Allemagne .