SECOND MÉMOIRE. iSj
pin maritime , mais il y est aussi bien portant, etmême d’une verdure plus vive.
La môme expérience a été laite par MM. Duhamelà Vrigny. Les pins sylvestres y réussissent parlaite-ment, et même mieux que les pins maritimes. Or,Vrigny est sur un tertre de sable de meilleure qua-lité que le mien , puisque c’est un sable noir, maisqui intrinsèquement , et Taisant abstraction des par-ties végétales qui s’y r sont mêlées, est aussi un sablequartzeux.
Eu voilà assez pour se décider entre la plantationdu pin maritime et du pin sylvestre sur des terrainsde différentes natures; et nonobstant l’annonce deMiller sur les progrès du pin sylvestre dans des creuxde tourbe , puisque son bois y est de mauvaise qua-lité , il ne tant planter ni l’un ni l’autre dans les ter-rains marécageux. D’ailleurs les marais peuvent êtreplus avantageusement plantés en cyprès distiques,comme nous le dirons par la suite.
A l’égard des terrains secs et stériles , les seuls quel’on cherche à couvrir de pins , il y en a , commenous l’avons dit, de deux sortes , les calcaires, danslesquels le pin maritime ne réussit jamais, et ceuxde sable vilritiable , où le pin maritime et le pin syl-vestre réussissent à peu près également. La questionse réduit à savoir auquel des deux on doit donner lapréférence depuis l’épreuve de 1789.
Pour résoudre cette question , il reste à examinersi le pin sylvestre vaut la peine d’être cultivé, carbien des gens prétendent que c’est un si vilain arbre,et d’un produit si médiocre , qu’autant vaul renoncerà cultiver dos pins , que de cultiver le pin sylvestre.
D’autres , au contraire , soutiennent qu’il est untrès-bel arbre , qu’il s’élève même plus que le pinmaritime , qu’il est enfin le seul dont on puisse seservir pour avoir de beaux mâts pour la marine.
Ceci nous mène aune question de botanique assezdélicate , qui est de savoir si les vilains pins sylvestres