228 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
a fait des rainures comme à la planche de chêne. Ily a employé trente-trois minutes : il n’a pas été obligéde repasser ses fers pendant le cours de l’opération;ils n’avaient pas même encore besoin d’êl re repasséspour commencer son travail sur la planche de sapin ;mais j’ai désiré qu’ils le fussent, afin que la plusgrande égalité fût observée, eu partant d’un mémopoint pour les trois planches.
Le même travail sur la planche de sapin a durétrente-six minutes. Sur la tin l’ouvrier a été obligé dedonner un coup- sur la pierre au fer de sa demi-var-lope.
Les trois planches étaient sèches et saines ; cellede chêne avait le bois un peu rebours ; celle de peu-plier était voilée , en creux sur l’une des surfaces, enbosse sur l’autre , circonstance qui lui était peu avan-tageuse, puisque , pour, la dresser, il a fallu lui en-lever plus de bois qu’aux deux autres.
Il a paru aux commissaires que la société royalem’a fait l’honneur de me nommer , que mes expé-riences sur les sabots de peuplier d’Jtalie étaient in-suffisantes pour constater l’espèce de mérite qu’ilspouvaient avoir. Je n’y avais pas mis , je l’avoue,une fort grande importance. J’avais cru devoir meborner à les affranchir du reproche injuste de devenirtrès-lourds dans l’eau, et de conserver plus d’humi-dité que la même chaussure fabriquée avec du noyer,du bouleau ou du hêtre. Mais il a suffi qu’un examenplus circonstancié parût utile , pour déférer à l’invi-tation qui m’a été faite de m’en occuper.
J’ai donné , tant à mon jardinier qu’à sa femme,deux paires de sabots, l’une en bouleau, l’autre en
f ieupüer d’Italie , avec invitation de ne jamais chaussere sabot du pied droit, s’il était en bouleau, qu’avec lesabot du pied gauche fabriqué avec le peuplier d’Ita-lie, et réciproquemenbLe résultat de cette quadrupleet grave expérience a été que le sabot droit, de quel-que bois qu’il lut, a été le plutôt usé.