Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
IX
JPEG-Download
 

INTRODUCTION. «

qué et l’on ne peut l’être qu’à la condition de dominer le Borys-tliène. Or, il faut une grande supériorité de force et de génie pouropérer dans ces vastes espaces. On n’a d’ailleurs que trois mois debelle saison et les distances s’opposent à ce que dans un si court es-pace de temps, l’on porte de ces coups accablans dont une nationne peut plus se relever. La Russie n’est cependant pas invulnérableelle ne résisterait pas à plusieurs atteintes; si elle n’en peut recevoirqu’une, en une seule campagne, l’on peut concevoir que, dans unelutte définitive entre les lumières et la barbarie, l’Angleterre, l’Alle-magne et la France auraient assez de constance pour retourner plusd’une fois à la charge.

Ces considérations sont le résumé de vingt-cinq ans de guerre,dont nous entreprenons de tracer à grands traits l’esquisse. Pendantcette lutte immortelle, toutes les positions, tons les champs de ba-taille ont été explorés, le côté faible de chaque état a été reconnu.Si la France un moment surprise, désarmée, a laissé l’étranger fou-ler son territoire, il n’en faut rien conclure, l’Europe ne s’est mé-nagé ce facile triomphe qu’au moyen d’une transaction apparenteavec les principes contre lesquels elle avait d’abord couru aux ar-mes. Elle a ainsi rendu hommage à l’ascendant d’une civilisation,dont la nation de Charlemagne a reçu, depuis quatorze siècles, ledépôt sacré et qu’elle ne laissera jamais périr entre ses mains.

Mais on comprendrait difficilement comment cette lutte a puse prolonger incertaine si long temps, si l’on ne donnait, avantd’en commencer le récit, une idée du pouvoir qui fit agir lesarmées dans l’intérêt et la gloire delà nation, et de l’organisationde ces armées, même aux différentes phases de la révolution.

§ I.

Organisation du pouvoir exécutif sous la République et l’Empire.

A peine le trône fut-il renversé que l’assemblée constitua unconseil exécutif provisoire pour surveiller l’exéculion des lois, maisla diversité et la force des évènemons, n’ayant pas tardé à démon-trer son insuffisance, il fut remplacé par douze, puis par seize co-mités.