CAMPAGNE DE 1793. 33
Ces deux places succombèrent. Condé capitula lorsque sa garnison( /poo) eut épuisé toutes ses subsistances. Valenciennes , après sept se-maines de tranchée ouverte, après l'incendie de ses églises, de l’arsenal,de 5 à 6oo maisons, après avoir fait essuyer à l’ennemi une perte de
à 20,000 hommes, se rendit au duc d’York , et la garnison, réduitea 7000 hommes, futlibrc de rentrer en France , à la condition de ne pointcombattre avant un an les armées coalisées.
Avant de se séparer, les forces que le siège avait réunies firent l’essai^ on coup de main sur le camp de César et sur Cambrai . Le camp,assis au confluent de l’Escaut et du canal de la Sensée, renfermait 18 à2 o,ooo hommes et le quartier général de Kjhnaine, qui remplaçait pro-visoirement Custines destitue.
Enlever à-la-fois le général en chef et le plus fort noyau de troupestenant la campagne, c’était frapper au cœur l’armée républicaine encoreaccablée du poids de ses désastres, c’était s’ouvrir la route de Paris .
Le duc d’York tourna Cambrai pour prendre le camp à revers,pondant que Cobourg remontait les deux rives de l’Escaut pour attaquerde front et par la droite. Cette manœuvre était bien conçue; mais elles’exécuta mal : on laissa à Kilmaine le temps de se reconnaître. Aux pre-miers coups de feu, il évacua ses positions, et, à la suite d’un le'ger en-gagement d’arrière-garde, à Marquion, il mit entre ses adversaires et lui,d’abord la Sensée , puis la Scarpe, et il plaça son camp à Gaverelle, entreArras et Douai .
Cette retraite habile le reportait sur les derrières des ennemis. Lepoursuivre, c’était s’aventurer dans le labyrinthe de places dont le nordest hérissé. Marcher sur Paris,, en masquant à-la-fois Cambrai , Bouchain,Arras et l’armée, c’était un de ces mouvemens hardis qui, depuis, ontréussi, mais dont le secret n’était pas encore révélé. Les impériaux seborneront à insulter les places de la Somineet à faire autour de Cambrai un simulacre de siège à l’appui d’une sommation qui ne produisitpoint d’effet. Après quoi ils se concentrèrent au nombre de près de 100,000à Bavay et commencèrent l’investissement du Quesnoy. Le duc d’York sedirigea sur Menin par Marchiennes .
Quelques changemens furent apportés dans les dispositions des coa-lises. Les impériaux de Beaulieu et d’Alvinzy passèrent à la droite etremplacèrent Knobelsdorf rappelé à l’armée de Brunswick. Le ducd York se trouva dès-lors à la tête de près de Go,000 hommes.
L armée française , forte de 70 à 80,000 hommes était ainsi répartie ;la droite gardait la Sambre et se liait par le camp de Maubeuge à l’arméedes Ardennes (20 à 25 ,000) ; le centre occupait le camp de Gaverelle,