36 GUERRES DE LA REVOLUTION.
dans les célèbres lignes de Weissembourg. Mais au moyen des camps deBondenlhal et deNothweïler, elle dominait l’espace entre la Lauter et laQueicb, et elles’opposait à un investissement complet de Landau. Le pre-mier soin deWurmser fut de s’emparer de cette clef du système défensif,et cette fois la trahison le seconda : 4 ooo impériaux, engagés dans lesdéfilés des Vosges, se présentèrent devant les camps français . D’Arlande,qui commandait le camp de Nothweïler, passa dans leurs rangs, et leurindiquant les points vulnérables des positions qu’il avait juré de défen-dre, il y entra à leur tète. Les généraux républicains indignés, accouru-rent pour recouvrer leurs retranchemens, mais ils furent repoussés. Àdeux jours de là, les deux armées concertèrent une attaque simultanéecontre Pinnasens et Bondenthal. La gauche de l’armée du Rhin , soutenuepar une démonstration de toute la ligne, rentra dans le camp de Nolhweï-ler; mais l’armée de la Moselle échoua devant les escarpemens de Pirma-sens. Ecrasée d’abord par une artillerie formidable, elle revint obstinémentà la charge et ne vida le champ de bataille qu’a près avoir perdu 3 à/jooo hommes.
Après leur victoire, les généraux ennemis bloquèrent Landau, sanspouvoir l’assiéger. Leurs forces réunies suffisaient à peine à contenir dansleurs positions les deux années françaises qui communiquaient par Lcm-bach, Bitche , et Hornbach. Après de longues hésitations , et avoirtenté sans succès de faire diversion au midi de l’Alsace , en jetant quelquestroupes sur la rive gauche du Rhin, ils sc décidèrent à attaquer les lignesde Weissembourg. 45 ,ooo hommes les défendaient soutenus par 2fi,ooohommes campés sur ia Sarre. On venait d’imaginer de mettre toutes cesforces sous un même commandement, et on en avait investi Carlen, of-ficier jusqu’alors inconnu, dont le nom ne fit qu’apparaître pour être si-gnalé par une défaite.
Brunswick commença par mettre en mouvement sa droite vers Hoin-hourg et Deux-Ponts. Lorsqu’il eut attiré l’attention de l’armée de laMoselle, il déboucha de Pirmasens avec 10,000 hommes, poussant surBitche le corps des Vosges ; puis s’élançant dans l’intervalle qu’il venaitd’ouvrir, il descendit les monts entre Bitche et Lembach et se jeta en ar-rière delà gauche des lignes. Dans le même temps, le prince de Waldeck,lieutenant de Wurmser , ayant surpris pendant la nuit le passage duRhin, s’empara de la ville de Selz et donna au feld-maréchal le signald’une attaque générale. Les impériaux se ruèrent avec impétuosité sur lesretranchemens, et un combat acharné s’engagea sur tous les points; maisla défense manquait d’ensemble, et malgré i’cchcc deWaldcck qui fut re-jeté au-delà du Rhin , l’ennemi força les lignes à Saint-Remi et à Lau-terbottrg; enfin l’apparition de Brunswick derrière la gauche, entraîna la