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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

projet était de se déployer par la droite jusqu’à Challans , puis en pivo-tant sur la gauche de s’asseoir sur la Sèvre Nantaise, tandis que les co-lonnes de Niort, de Luçon et des Sables gagneraient concentriquementMortagne, et que Rossignol déboucherait tout à-la-fois de Saumur, d’An-gers et de Thouars.

Beysser ouvrit la marche; sorti du camp des Naudières il se fraya,l’épée à la main, la route de Machecoul, tandis queKlcber, tournant au-tour du lac de Grand-Lieu, se portail à Saint-Philibert. Charettcse repliadevant Beysser et, comme à l’ordinaire, concentra la défense à Légé. Onmanœuvra de manière à l’envelopper. Beysser s’avança en demi-cerclepar Machecoul, Challans et Pàlluau; Kleber prit position à Saint-Etienne , et Canclaux déboucha sur Légé à la tête des brigades d’Aubcrt-Dubayet par la grande chaussée de Nantes que ces mouvemens avaientdégagée. Charette , à la veille d’être entassé dans le vallon delà Boulogne,n’attendit point le choc, il se hâta dépasser la rivière et de se rendre àMontaigu. L’armée républicaine le suivit toujours dans le même ordre,appuyant sur son centre et débordant ses extrémités. Attaqué et battu àMontaigu, il continua à rétrograder et ne s’arrêta qu’à Tiffauges,cn deçàde la Sèvre. C’était sa dernière ligne de retraite et l’on pouvait s’atten-dre à un engagement décisif. Canclaux fit ses dispositions pour attaquerpar les deux rives. Laissant Beysser à Montaigu, il porta les Mayençaisà Clisson dans le but d’ouvrir par Yertou la communication avec scsréserves et de menacer le flanc droit de Cbarcttc. Mais ces combinaisonshabiles, dont le succès jusque alors était si brillant, ne furent point secon-dées par les divisions de Saumur . Rossignol, effrayé du nombre desennemis qui s’élevaient sur ses pas et de la déroute essuyée par Lecomteà Chantonnay, donna l’ordre à ses colonnes de rétrograder, et les chefsroyalistes de la Haute-Vendée, libres de toute diversion, cédant auxinstances de Charette, lui envoyèrent à Tiffauges un puissant renfort.Cependant Kleber marchait à lui. Arrivé devant Torfou avec scs 2000hommes d’avant-garde, il se trouva en présence de 4 o,ooo hommes; iln’hésita pas à faire battre la charge; sa troupe héroïque enleva d’élanTorfou, position élevée qui commande la vallée de la Sèvre et où il es-pérait se maintenir jusqu’à l’arrivée du corps de bataille. Mais ni Beysserni les Mayençais ne parurent, et l’avant-garde resta seule aux prises avecune nuée d’ennemis. Après cinq heures d’un combat glorieux et sanglant,Kleber la voyant ébranlée fut enfin obligé d’ordonner la retraite. Elle sefit d’abord en bon ordre, puis l’artillerie s’embarrassant dans les cheminsdéfoncés qui bordent la rivière, il fallut l’abandonner.Dès ce moment,les rangs se rompirent et l’on fuit jusqu’au ruisseau qui s’écoule entreTorfou et Bonssay, C’était une ligne de ralliement., mais les Vendéens