SU GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Dubayct, Ronsin et Santerre furent aussi remplacés, ctLéchello, qui n’a-vait point encore paru à l’armée, en fut nommé le général en chef. Cethomme était incapable et d’une bravoure suspecte; mais Kleber don-nait l’impulsion aux Mayençais, Marceau et Dard dirigeaient la colonnede Luçon ; enfin Westcrmann, sous Chalbos, animait de son ardeur lesdivisions de Bressuirc.
Canclaux était déjà en marche lorsqu’il reçut l’ordre de quitter l’ar-mée. Sorti du camp des Naudières, il se porta sans obstacle à Montaiguet occupa Remouillé et Saint-Georges en s’étendant du côté de Légé. Ilcontenait ainsi Charette et la Vendée centrale. Après quelques joursd’attente, voyant l’ennemi immobile, il donna l’ordre à Kleber d’éclairerla vallée de la Sèvre. 4 ooo Mayençais s’avancèrent sur Tiffauges et trou-vèrent en position, à Saint-Symphorien et Trcize-Septiers,d’Elbéeet Bon-champ à la tête de 3 o,ooo hommes. Sans égard au nombre, Kleber lesattaqua tête baissée; le choc fut terrible. « Nous n’avons point de canons,murmurèrent quelques soldats.—Il faut reprendre ceux que nous avonslaissés à Torfou,» s’écria le général. On enleva l’artillerie des insurgés,on la tourna contre eux, ils se débandèrent et s’enfuirent au-delà de laSèvre. Cependant Dard approchait de Saint-Fulgent, les colonnes partiesde Saumur , Airvault et la Chataigneraye allaient se réunir à Bressuircet le plan de Canclaux promettait un succès décisif, grâce au concertinaccoutumé des généraux républicains. Les chefs vendéens étaient loin demettre le même ensemble dans leurs opérations. Charette , sourd aux or-dres de d’Elbée, évacua Légé pour s’emparer de Noirmoutiers . De leurcôté Lescure et Larochcjacquelin étaient impuissans contre le mouve-ment qui menaçait Bressuirc. Ce fut alors quo Léchclle apparut au quar-tier-général de Montaigu, où il eut le bon esprit de ne rien changer auxdispositions de son prédécesseur. Tandis qu’il ordonnait une reconnais-sance vers Légé et qu’après s’être assuré du départ de Charette, il s’ap-prêtait à marcher sur Tiffauges et Mortagne, Chalbos déboucha de Bres-suire à la tête de 11,000 hommes. Son avant-garde, sous Westcrmann,rencontra sur une hauteur qui domine Rorthais, connue sous le nom deButte-du-Moulin-aux-Chèvrcs, les bandes de Lescure et Larochcjacquc-lin. Les attaquer, les culbuter, ce fut l’affaire d’un instant. Westerinannpoussa jusqu’à Cliâtillon qu’il trouva évacué; l’armée entière le suivit etil en sortit aussitôt à la tête de 5 oo hommes pour éclairer la route deMortagne par laquelle s’e'taient retirés les généraux battus. Mais ceux-cirenforcés inopinément par d’Elbée, qui pliait devant les Mayençais, re-vinrent à la charge. Westcrmann accablé par le nombre se rejette endésordre sur le gros de l’armée, la peur se communique, Cliâtillon estabandonné dans une extrême confusion. Les Vendéens ne s’y arrêtent