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GUERRES DE LA RÉVOLUTION,mée de Rennes dont Rossignol e'tait général en chef. Ce dernier n’avaitautour de lui que 4 à 5ooo hommes, et son lieutenant Tribout opéraitavec 4ooo hommes qu’il avait amenés de Brest à Dinan .
Aussitôt la jonction opérée entre les troupes d’Angers et celles deRennes , Rossignol les mit en mouvement par la route d’Antrain. Tribouts’avança parcelle de Dol à Pontorson. Les coureurs de Tribout avaient déjàpassé le pont aux Beaux, et Rossignol arrivait à Antrain quand on appritla levée du siège de Granville .
Lemoment était décisif. Rossignol se déploya par sa droitejusqu’àFougè.res et si Tribout eût gardé le passage du Couesnon, et que Séphcr eûtpoursuivi l’épée dans les reins l’armée fugitive, la lutte eut dès-lors ététerminée. Le défaut de concert entre les généraux républicains ouvritencore aux insurgés les issues qui leur étaient fermées. Séphcr s’arrêtatout court à Coutances , et Tribout,au lieu de rester à la rive gauche duCouesnon, s’avança follement en plaine sur l’autre rive. Au-delà de Pon-torson s’étend jusqu’à Saint-Légé un marais praticable seulement par lachaussée. Le défilé, long d’un quart de lieue, est d’une défense facile. MaisTribout en était déjà sorti pour s’entasser dans Saint-Légé avec sa troupeet un train considérable d’artillerie, lorsqu’il fut assailli par la masse desinsurgés qui venaient d’évacuer Avranches .
En un clin-d’œil, ses positions, son artillerie, lui furent enlevées;replié dans Pontorson, d’où il fut aussitôt déposté, il battit en retraitejusqu’à Dinan . Les Vendéens passèrent le Couesnon et ne s’arrêtèrentqu’à Dol.
Leur arrière-garde sortait à peine de Pontorson quand Wcstermann,qui avait éclairé leur marche, y fit son entrée par la route d’Avranches.Dans le même temps, on délibérait au quartier-général; Kleber propo-sait de se tenir sur la défensive, de retrancher Pontorson, Antrain etDinan , de harceler l’ennemi au moyen de fortes colonnes mobiles et dele bloquer dans Dol, où il eût été infailliblement réduit. On applaudissaità ce sage projet, qu’on allait adopter, lorsqu’un avis de Westermann an-nonça que ses hussards avaient dépassé Pontorson , qu’ils avaient galopéjusqu’à Dol, que les insurgés y étaient dans la plus grande confusion, etque, pour son compte, certain de les anéantir, il va les attaquer. Cettenouvelle tourne toutes les têtes : on court aux armes pour soutenir par laroute d’Antrain à Dol, le mouvement qui se faisait sur celle de Pontor-son. Mais Westermann, après avoir obtenu quelque succès, avait été re-plié. C’était bien l’occasion de revenir au plan de Kleber s’il n’eût étédéjà oublié. Les repre'sentans ordonnent l’attaque par les deux routes.Westermann pénètre jusqu’à Dol, mais Larochejacquelin le met dans leplus complet désordre ; après quoi il se rabat sur la colonne d’Antrain