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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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62 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

élite qui le repoussa sur Muller. Ce général fut lui-même ébranlé quandTillyjentra en ligne et refoula l’ennemi dans la ville. A ce moment, Mar-ceau survint et ordonna de suspendre l’action. Wcstermaun insista et Unitpar l’entraîner. La nuit était venue et les rues du Mans étaient barrica-dées, la cavalerie renversa tous les obstacles. A sa suite, Tilly pénétrajusqu’au centre de la ville; Marceau, avec la division Muller, le soutinten appuyant à droite pour couper aux insurgés les routes de Paris . Parce mouvement, il laissait à vide la route de La Flèche; il donna avis desa position à Kleber, qui était resté en arrière, et lui recommanda dehâter sa marche et de combler l’intervalle. Cependant un feu meurtiers’alluma dans la ville et s’entretint de part et d’autre, durant toute la nuit.Au jour, Kleber déboucha; c’était le moment d’une attaque générale,Marceau poussa toutes ses divisions en avant, les Vendéens furent écra-sés, mais leur masse était déjà en retraite sur Laval . Us atteignirentcette ville dans la même journée, et, s’y arrêtant à peine, ils coururentà Craon, puis à Ancenis . Au moyeu de cette marche rapide, ils ont de-vancé Marceau.La Loire , ce but de tant d’efforts, ce terme de tant desouffrances! la Loire coule à leurs pieds; mais le poste républicain d’An-cenis s’est replié à leur approche, après avoir détruit tous les moyens depassage. Ils n’ont qu’une frêle embarcation, Stofflet et Larochcjacquelins y jettent et traversent le fleuve dans le dessein de rassembler des bateauxsur l’autre rive. A peine ont-ils pris terre, que Westcrmann paraît sur lesderrières. Un cri de douleur et d’effroi s’élève de cette masse conster-née, elle prend l’épouvante; tout fuit sans chef, sans plans, sans pro-jets. D’Ancenis, on gagne Nort; mais, désespérant d’entrer à Nantes ,on pousse jusqu’à Blain; Marceau n’est pas moins actif; il chasse les in-surgés de Blain, passe, à leur suite, la rivière grossie par les pluies dela saison, et les attaque çn avant de Savenay .

Bientôt il les entasse dans cette ville, où ils sont entourés et taillésen pièces. A peine un petit nombre s’échappe et réussit à se jeterau-delà de la Loire . Ainsi se termine la grande insurrection de laVendée .