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CAMPAGNE DE 1794.
faisait suivre son mouvement par Bonneau et les a 5 ,ooo hommes ducamp de César. Deux divisions du camp de Guise furent envoyées à Mau-beuge, et il ne resta sur l’Oise qu’un corps d’observation d’environ16,000 hommes.
York arriva le premier sous Tournai ; Clerfayt, que Souham tenaiten respect depuis le combat de Moescroen, une fois masqué par le corpsanglais, partit et se montra tout-à-coup à Courtrai , sur le flanc de Mo-reau, qui couvrait l’investissement d’Ypres . Il commença le feu vivementet obtint d’abord du succès; mais, de son côté, Souham avait été relevé parBonnaud. Tandis que son collègue occupait York par une suite d’atta-ques entre Lille et Tournai , il marcha sur la Lys et survint à tempspour l’établir le combat; les impériaux furent repoussés à Deynse etThielt .
Quatre jours après, toutes les forces de Cobourg étaient rassembléesà Tournai, Cysoing, Lamain et Marquain. L’empereur d’Autriche parutau quartier-général, et l’on résolut de signaler son arrivée par une actionéclatante. Le chef d’état-major, Mack, arrêta les dispositions d’attaque;on les accueillit avec transport en leur donnant le nom de plan de des-truction. Il ne s’agissait, en effet, de rien moins que d’anéantir tour-à-tour les diverses parties de l’armée française. Elle formait une colonneallongée de Lille à Courtrai , et composée de trois masses principales :Bonnaud au camp de la Madeleine, Moreau à Menin et Souham à Cour-trai . On voulait la rompre par le flanc, en jetant i 00,000 hommes entreLille et Menin ; on voulait pousser Souham et Moreau jusqu’à la mer,leur faire déposer les armes et se rabattre ensuite sur Bonneau. Mais ladifficulté était de dérober les apprêts d’une aussi vaste manœuvre auxgénéraux républicains qui se trouvaient tout portés pour se concentrereux-mêmes.
Moreau reconnut le premier un mouvement extraordinaire sur la rivegauche de la Lys. C’était Clerfayt qui gagnait par Rousselaere les pontsde Werwick. Il le suivit latéralement et donna l’éveil à Souham qui serendit sur-le-champ à Menin . On apprit bientôt que huit colonnes sor-ties du camp de Tournai se déployaient dans la plaine, sur trois lieuesde front, depuis Moescroen jusqu’à Sainghin .
Elles occupèrent sans obstacles sérieux Gruson , Turcoing , Lannoy,Hems, Watreloos, Roubaix , et elles replièrent Bonneau sous les murs deLille . Ce grand développement, coïncidant avec celui que surveillaitMoreau, dévoilait assez les projets des coalisés. On marchait au-devantde Clerfayt pour le rallier sur la route de Menin à Lille ; on s’étendait àgauche pour attirer Bonneau du côté de Fiers, et à droite pour retenirles autres divisions autour de Menin .