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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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72 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

Voir compromis les 5o,ooo hommes de sa gauche, que Cohourg, par un mou-vement de'cidé sur sa droite, eûtjetës dans la mer. On lui a reproché d’avoirtiré une fausse conséquence des succès de Hondschoote et de Waltignies; ileût dû en conclure qu’il fallait opérer, non sur les ailes de l’ennemi,mais sur l’une des deux seulement. Si les x 5o,ooo hommes qu’il fit mou-voir sur six points éloignés s’étaient concentrés aux bords de la Sambrc,pour la passer à Charleroy , le sort de la campagne eût été immédiate-ment fixé.

Quoi qu’il en soit, la colonne de Maubeuge fut contcnuo par le géné-ralissime et ne put dépasser Avesncs; celles de Guise et de Bouchain scbrisèrent à Troisville et à Catilloncontre le duc d’York ;et Landrccics,perdant tout espoir d’être secouru, à demi ruiné par six jours de bom-bardement, capitula. Mais les généraux ennemis n’en furent pas moinscontraints d’abandonner leurs projets d’invasion. Les diversions surleurs extrémités avaient réussi, et dès-lors la base d’opérations qui avaitparu suffisante, l’année précédente, n’était plus réputée assez solide;d’ailleurs elle n’était pas complète, puisque Maubeuge n’avait pu êtreassiégé.

Cobourg ne pouvait pas s’aventurer dans l’intérieur, en laissant en ar-rière deux armées assez fortes pour envahir la Belgique et lui fermer laretraite; il n’avait plus d’autre parti à prendre que de se porter où lesFrançais étaient le plus menaçans et où il espérait les aborder avec plusde chances de succès.

Le prince de Kaunitz, assailli sur les hauteurs de Boussu , avait etcrejeté au-delà de la Sambre. Cobourg le renforça du corps hollandais etle chargea de contenir sur la rive droite les divisions républicaines; lui-même courut avec York au secours de Clerfayt. Celui-ci était aux prisesavec Souham et Moreau : on l’avait d’abord attiré sur l’Escaut, au moyend’une 'démonstration à Dcnain; pendant ce temps, trois colonnes s’élan-cèrent de Dunkerque et de Lille : on prit Furnes, on resserra Ypres , oninvestit Menin , on s’empara, l’épée à la main, des hauteurs de Moes-ci’oen et l’on entra dans Courtrai . Clerfayt, mieux informé du vrai pointd’attaque, se hâta de retourner dans scs positions; arrivé à Moescroen, ils’arrêta et se mit sous les armes, espérant inquiéter les Français sur leurretraite et les engager à rétrograder par la rive gauche de la Lys; maisSouham sortit de Courtrai , revint droit à lui, l’aborda à la baïonnetteet le rejeta sur Tournai . Sa défaite fit perdre aux troupes renfermées parMoreau dans Menin (3ooo) l’espérance d’être dégagées; elles se frayèrent unpassage à travers la division républicaine et se retirèrent à Bruges . La placequ’elles abandonnaient fut occupée et l’on commença le siège d’Yprcs.

Pendant que Cobourg sc portait sur sa droite, en arrière, Pichcgru