78 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
suffît à rétablir le combat qui se soutint victorieusement jusqu’à la finde la journée.
Le prince d’Orange, en s’appuyant à la Sambre, perça par sa droitejusqu’à Marchienne-au-Pout, dont il fut sur le point de s’emparer; maissa gauche, après s’être épuisée en efforts infructueux, pour dépasserForchies, se mit en retraite, et Kleber manœuvrant pour jeter dans laSambre le reste de sa colonne, tout plia pour rentrer dans les positionsprimitives.
A l’aile droite, l’action fut plus long-temps indécise et plus acharnée.Pendant que Lefebvre défendait, contre l’archiduc Charles, Fleurus etWanfersée, Beaulieu se glissant dans les bois qui longent la rivière, tombaen masse sur l’extrême droite de la division Marceau et l’entassa en dé-sordre dans Lambusart; elle s’y défendit long-temps, mais enfin elle sedébanda et s’enfuit en partie sur l’autre rive.
Marceau sentait les conséquences de cet échec. Lambusart, bâti surune hauteur au bord de la Sambre, donne la clef du vaste plateau deFleurus; l’ennemi, débouchant de ce village, prenait à revers toute laligne française et pouvait la mettre en déroute.
Le jeune général, que des combats de géans, en Vendée , avaient douéd’un rare coup-d’œil, sans sc soucier de rallier la masse des fuyards,saisit quelques bataillons dont les rangs n’avaient pas été ébranlés, et sejeta avec eux entre les haies et les jardins en arrière du village, résolu às’opposer, à tout prix, au déploiement des impériaux; son feu les arrêteet, cependant, Lefebvre dispose en sa faveur d’une partie de sa division.Jourdan lui-même accourt avec ses réserves ; de l’autre côté Cobourg , enpersonne, amène des renforts. Tout se mêle , les moissons dont la plaineest couverte sont incendiées; on se bat au milieu des flammes avec toutela fureur d’un engagement décisif; enfin, l’ennemi cède, et Lambusartretombe au pouvoir des républicains.
Les deux ailes de l’armée ennemie en s’approchant deCharleroy virentle drapeau tricolore flotter sur tous les édifices de la ville ; on ignoraitqu’elle se fût rendue, et çettenouvelle, se répandant à l’improviste parmiles assaillans, amortit leur ardeur : les positions des Français n’étaientpoint d’ailleurs sérieusement entamées; Beaulieu, très maltraité, s’éloignadu champ de bataille; Cobourg , renonçant à revenir à la charge,donnale signal de la retraite.
Elle s’opéra parallèlement à l’ordre d’attaque. La gauche sc replia àSomhrcf, le centre aux Quatre-Bras et Nivelles , et la droite à Roeulx etMons par où elle se mit en communication avec les Anglais .
On avait perdu du côté des vainqueurs 6000 hommes, et du côté desalliés 10,000 tués ou blessés et 3 ooo prisonniers.