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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

à porlce de s’envoyer des renforts; ils livraient donc la colonne du cen-tre, forte seulement de 18,000 hommes, aux coups de l’armée française entière.

Les deux villages de Montenotte sont situés: l’un sur la crête, l’autredans un pli du revers intérieur de la montagne; au sortir du premier ontrouve un col, à peine voiturable, qui descend jusqu’à la côte en passantpar Montelegino. Le colonel Rampon à la tête de 1200 hommes étaitchargé de couvrir cette communication, et scs tirailleurs s’étaient postésdans toute la longueur de la gorge; le 11 avril vers le milieu du jour, ilssignalèrent la colonne impériale et, profitant de l’âpreté du terrain, ils nemirent pas moins de deux heures à se replier sur leurs bataillons. Pen-dant ce temps, Rampon se jeta dans une ancienne redoute qui coupe laroute, mit ses canons en batterie et fit jurera sa troupe de se défendrejusqu’à l’extrémité.

Bientôt l’avant-garde ennemie se forma pour monter à l’assaut, ac-cueillie par les feux croisés de l’artillerie et de la mousquetcric, elle plieet se rompt; trois fois d’Argenteau la ramène à la charge; trois fois lesrépublicains lui présentent un rempart de baïonnettes et la repoussenten lui faisant éprouver d’énormes pertes. La nuit survint, on remit le com-bat au lendemain.

Cependant la droite de Laharpc était, dès la veille, aux prises avecBeaulieu. Attaquée le 10, en avant de Yoltri, elle s’y était maintenue;]e n elle se replia en arrière du bourg et, pendant la nuit, elle rejoignitla division qui se rangea tout entière à droite et à gauche de la redoutesi vaillamment conservée par Rampon .

Au jour, Beaulieu se présentant devant Voltri n’y trouva plus per-sonne, et d’Argentcau fit, au milieu d’un brouillard épais, les apprêtsd’une nouvelle attaque; mais il ne tarda pas à reconnaître qu’il étaitlui-même entouré et réduit à la défensive.

Tandis qu’il achevait de descendre le revers de l’Apennin , tandis queLaharpe se concentrait à Montelegino, Augereau et Massena, chemi-nant en sens inverse, gravissaient les cols qui débouchent de Savone etse transportaient au sommet de la chaîne, le premier pour occuper Car-careet contenir, au besoin, Provera; le second pour envelopper Monte-nolte.

Après les premiers coups de feu les impériaux se hâtèrent d’évacuer lecol où ils allaient être renfermés et de gagner les hauteurs dans le desseinde s’y affermir et de recevoir le choc; mais il n’était déjà plus temps.Laharpe, Rampon les poursuivirent et les abordèrent de front à Monte-notte dans le même temps que Massena débordait leurs flancs et leursderrières.