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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1796.

l’audace de ce jeune général dont les coups avaient l’éclat et la rapiditéde la foudre, entra en négociation, et l’on signa, dans Cherascho, unarmistice, bientôt suivi de la paix, qui livra à l’armée française entreautres places fortes, Coni, le château de Ceva, Tortone, Alexandrie etValence. En 18 jours on avait remporté six victoires, fait n,ooo pri-sonniers, pris 21 drapeaux, 55 canons, plusieurs forteresses. On avait ou-vert à Kellcrmann le passage des Alpes , on avait détaché de la coali-tion le roi de Sardaigne . Enfin Beaulieu, après un mouvement trop tardifeu faveur de Colli, s’était replié au-delà du Pô. Jamais tant de hauts faitssi promptement accomplis n'avaient signalé les armes françaises. La lé-gislature décréta cinq fois que l’armée d’Italie avait bien mérité de la patrie.

Elle devait se surpasser encore. Bonaparte , affermi sur sa gauche, cou-rut aux impériaux. Le soin qu’il avait pris d’exiger la remise de Valenceet d’y réunir des moyens de passage; la concentration de ses divisions àportée de cette ville , donnèrent le change au général ennemi qui s’atten-dit à défendre de front, d’abord le Pô, puisleïésin, barrière de la Lombar-die . Il lui restait, y compris ses renforts, environ 35 ,ooo hommes sousLyptai, llcselmini, Sebottcndorf, Wukassowich et Colli; il leur fit pren-dre position entre les deux rivières. Cependant Napoléon se porta d’unemarche rapide à Plaisance où il entra sans difficulté, yoo grenadiersfranchirent sur-le-champ le fleuve et rejetèrent au loin une patrouillede hussards qui observaient la rive gauche. Sous leur protection oncommença l’établissement d’un pont de bateaux, et avant la fin du jourl’armée se mit à défiler. Laharpe était déjà rangé au-delà du Pô quandLyptai (8ooo hommes) vint se loger dans Fombio de manière à servird’appui aux autres divisions qui accouraient à marches forcées. Ou sehata de 1 attaquer avant que l’arrivée de sps collègues obligeât d’engagerune affaire générale; ou le culbuta, on lui enleva 25oo prisonniers,son artillerie, et 1 on pousuivit ses débris jusqu’à Pizzighitone. A la nuit,en le cherchant, l’avant-garde du centre de Beaulieu se heurta dansCodogno contre la division victorieuse. Après quelques décharges, quicoûtèrent la vie au brave général Laharpe , l’ennemi informé dudésastre de la soirée plia pour se porter au pas de course au-delà du pontde Lodi. Le lendemain au jour, Bonaparte s élança à sa poursuite; ilespérait couvrir l’Adda et faire déposer les armes aux troupes en mar-che entre cette rivière et le Tésin. On atteignit près de Lodi l’arrière-garde, on la mit en desordre, on entra pêle-mêle avec elle dans la ville,mais elle rallia de l’autre côté du pont le corps de bataille. Là 16,000hommes et 20 canons étaient prêts à recevoir le choc. Une batterie en-filait le pont, soutenue a droite et a gauche fpar de l’infanterie qui avaitcrenelé les maisons voisines*