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CAMPAGNE DE 1796.
primant chez leurs peuples à l’égal des maximes anti-sociales. Ces senti-mens patriotiques firent explosion lors de l’entrée à Milan des vainqueursde Beaulieu; on les accueillit en libérateurs, on se livra sans contrainteaux démonstrations de l’enthousiasme et, de toutes les provinces, on vintdemander au général en chef la liberté de la patrie. Sans rien promettreil donna à ces dispositions assez d’encouragement pour s’en faire unmoyen de guerre. Il organisa dans le Milanais les gardes nationales et,après avoir donné à l’esprit public l’élan convenable pour appuyer sesopérations, il fit ses apprêts pour marcher vers le Mincio. Il allait partirlorsqu’il reçut du Directoire l’ordre de se porter sur l’Italie centrale, àla tête de 20,000 hommes et de faire place à l’armée des Alpes, que l’onchargeait d’assiéger Mantoue. Le désir de châtier Rome et Naples , etpeut-être de diviser le commandement, entraînait encore dans la fautequi avait toujours fait perdre aux Français leurs conquêtes au-delà desmonts. S’engager au fond de la Péninsule, à moins d’avoir fermé sansretour les débouchés des provinces impériales, c’est se porter en avantsans base ni retraite, c’est s’aventurer dans une de ces expéditions follesque l’on doit chèrement payer.
Bonaparte se refusa aux injonctions du Directoire ; il soutint qu’unedivision, détachée sur la rive droite du Pô, suffisait à tenir en échecRome et Naples; que le reste de l’armée, formée sur l’Adige , à la jonc-tion des routes du Tyrol et de la Garniole, battrait les forces autrichien-nes et donnerait le temps de s’affermir en Italie . A ces représentations iljoignit l’offre de sa démission, puis, sans attendre la réponse, il courut àde nouvelles victoires.
Beaulieu, flanqué par la forteresse de Mantoueetpar la place vénitien nede Peschiera , dont il avait pris possession au mépris de la neutralité dusénat, couvrait les rives du Mincio. Après quelques démonstrations propresà lui dérober le véritable point d’attaque , la principale colonne françaises’élança surBorghetto que défendaient 4 ooo hommes: on les culbute;ils se retirent à Valeggio et font sauter une arche du pont; mais lesvainqueurs se jettent dans la rivière; leur audace, le souvenir de Loîisuffisent à disperser l’ennemi, qui se replie sur les réserves à Villa-Franca.Napoléon ne les poursuit point, il a dirigé Augereau sur Castel-Nuovo e n lui prescrivant d’occuper les défilés du Tyrol et de l’Adige ; il attendpour continuer l’attaque, le développement de cette combinaison; mais1 effroi des impériaux la fait echouer, ils évacuent Villa-Franca et semettent en sûreté au-delà du fleuve avant qu’Augereau ait achevé de sedéployer.
Beaulieu jeta dans Mantoue une garnison de i 5 à 20,000 hommes. Napo-léon, laissant scs débris fuir dans le Tyrol, fit occuper, malgré les représen-