130 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
et Kuppcnhéim, pendant que sa droite tournait l'ennemi par Gernsbach .Latourperdit 1000 hommes, et vida le champ de bataille pour rétrogra-der jusqu’à l’Alb où l’archiduc venait d’arriver.
Ce prince, ayant laissé entre le Mcin et la Lahn le gros de son arméesous les ordres du général d’artillerie Warlensleben, amenait à Latourun renfort de 20,000 hommes.
L’Alb, comme la Murg , comme la Rcnch, tombe presque à angledroit dans le Rhin , puisse repliant brusquement sur lui-même, à hau-teur d’Opponau, coule dans sa partie supérieure parallèlement an fleuve;c’est donc une mauvaise ligne de défense puisque le progrès de la droitedes assaillans a pour effet de la déborder. L’archiduc, ayant pris le com-mandement en chef, se résolut à l’offensive; il fit occuper fortement leplateau qui domine les sources de l’Alb et, pivotant sur ce point d’appui,il déploya sa droite en avant pour éloigner les Français du fleuve et lesacculer aux montagnes.
Cette combinaison eut d’abord du succès. D’Ettlingcn au Rhin , l’en-nemi, débouchant dans la plaine, soutenu par une nombreuse cavalerie,réussit après de longs efforts à faire reculer Desaix jusqu’à Iladstadt;mais Saint-Cyr partant de Wildbad emporta l’épée à la main le plateauqui flanquait la gauche des impériaux et menaça de le jeter dans le Rhin .
L’archiduc était plus compromis que l’armée républicaine; il n’avaitpoint comme elle de réserves, et il pouvait, avec raison, craindre d’êtreresserré entre le Rhin et le Neckar de manière à perdre sa retraite surStuttgart ; il évacua le champ de bataille pour prendre position à Pforlz-lieim sur l’Euz, affluent du Ncckar. Ce mouvement découvrant la roulede Heidelberg , Moreau appela à lui son extrême gauche qui passa leRhin à Spire et le rejoignit à Bruchsal . En même temps Ferino, poussal’ennemi au-delà de Frcibourg, et d’IIornberg; la division de Laborde,débouchant d’Huninguc, poursuivit dans la direction de Stuhlingcn,Wolf qui jusqu’alors l’avait contenu. Le prince Charles donna rendez-vous sur le Danube à ses divisions du Ilaut-Rhin . Le demi-cercle quis’était formé devant les Français au sortir de IAehl, se déployant parallèle-ment au Rhin pour pivoter ensuite sur l’aile gauche, l’occasion d’un succèsdécisif se présentait encore. Moreau ne la saisit point; il s’étendit dans lamême direction en appuyant au Danube .
Sur ces entrefaites, les princes de Souabcet de Bavière traitèrent avec larépublique. L’archiduc, affaibli de leurs contihgens, se porta dePfortzhcimà Stuttgart. Moreau le suivit pas à pas. Saint-Cyr entra dans Stuttgart etpoussa jusqu’au Neckar . Son avant-garde trouva de la résistance auxponts de Canstadt et d’Esslingen ; mais, lorsqu’il se fut concentré pourune attaque plus sérieuse, les impériaux avaient abandonné la position,