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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1796.

une diversion plus importante; Wurmscr reçut l’ordre de se rcftdredans leTyrol avec 3o,ooo hommes d’élite : le reste de ses troupes, dontLatour prit le commandement se rapprocha du pont de Mannheim ;Moreau les ayant fait attaquer les contraignit à se renfermer dans laplace.

La rive gauche du Rhin était encore une fois libre d’ennemis, et leDirectoire croyant Jourdan renferme tout entier au-delà du fleuve,il enjoignit à Moreau de tenter le passage de vive force. Celui-ci continuases démonstrations devant la tête du pont de Mannheim et, pendant cetemps, ses divisions filèrent à marches forcées jusqu’à Strasbourg .Là, dans la nuit du 23 au juin, Desaix se mit à la tête de 25oohommes qui s’embarquèrent et surprirent, avant le jour, le fort de Kehl ;on le mit sur-le-champ en état de défense et l’on commença à construireun pont qui fut achevé le a5 à midi. Dès le soir 4o,ooo hommes étaientdéployés sur le territoire allemand. Cette force fit fléchir en demi-cerclele cordon des impériaux; Condé et Frœhlich remontèrent les vallées duRhin et de la Kintzig; les contingens de Souabe prirent position sur lacrête des montagnes à Freudenstadt , et les Saxons se replièrent sur Sztarrayqui rangea derrière la Rench environ 10,000 hommes. Desaix courutà ce général, l’attaqua de front en débordant la gauche par Obcrkirch,lui enleva j 200 hommes et le poursuivit jusqu’à Rülil.

Cependant l’armée continuait à défdcr. Saint-Cyr accourant du pontde Mannheim avait repris son rang de bataille. Le matériel, les bagages,la cavalerie et 5o,ooo hommes avaient franchi le Rhin ; il ne restait plusà l’autre rive que deux divisions postées : l’une au pont de Mannheim ,l’autre à Huningue . Moreau, en groupant ses forces avec l’art dont legénéral en chef de l’armée d’Italie venait de donner de si brillans exem-ples, pouvait écraser tour-à-tour ses adversaires, mais Moreau était mé-thodique , et il se borna à la stricte exécution des ordres du Directoire .

Le premier but était d’éloigner du Rhin le théâtre de la guerre afin dedégager Jourdan. Il fallait donc attirer l’archiduc dans la vallée du Neckar au-delà des Alpes de Souabe. Tandis queFcrino occupe Biberach et Frei-bourg et assure les derrières de l’armée en contenant Frœhlich et Condé,Saint-Cyr, après avoir déposté de Freudenstadt les troupes allemandes,se rend maître de la chaîne des Alpes , pousse un détachement jusqu aHorb, sur leNeckar, et s’avance sur le sommet des hauteurs, parallèle-ment à Desaix, qui marche aux impériaux par la chaussée d’Hei-delberg .

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Latour, s’étant porté au secours de Sztarray, 25,000 hommes se pré-paraient à disputer le passage de la Murg . Desaix fît contre eux les mêmesdispositions qu’aux bords de la Rench; il engagea l’action à Rastadt

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