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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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140 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

nœuvrcr. Bonaparte e'tait résolu à favoriser cette tendance pour accablerla gauche.

Le 5 août, à la pointe du jour on prit les armes ; Wurmscr forma deuxlignes d’un total de 3o à 35,ooo hommes; la gauche flanquée par la re-doute de Medolano, le centre à Solferino, la droite dirigée vers Castel-Venzago; il voyait devant lui les Français ranges aussi sur deux lignesd’environ 2 5,ooo hommes : au centre, Augereau couronnant les hauteursen avant de Gastiglione; Massena à gauche au-delà du ruisseau; àdroite, Kilmaine s’étendant avec la réserve jusqu’à Medole, mais ce n’é-tait pas tout; la division Seruricr que rien ne contenait plus à Marca-ria (4 à 5ooo hommes), s’était mise en route à l’entrée de la nuit, pourdéboucher par Gurdizzolo. Son arrivée devait être le signal de l’attaque.Ainsi cette armée qui semblait disposée à la défense était réellement des-tinée à opérer offensivement, à déborder par sa droite les derrières desennemis, et à les détacher du Mincio. En attendant, Seruricr, Augereauet Massena, mirent en avant un rideau de tirailleurs que les premierscoups de feu suffirent à replier. Alors Massena tout entier commença arétrogader et Wurmser cédant aux apparences n’hésita pas à engager sadroite. A peine était-elle aux prises que le canon retentit du côté de Cavriana : tout prit l’alarme à l’extrême gauche du feld-maréclial, et des ca-valiers, lancés à toute bride, pénétrèrent jusqu’au quartier général queson escorte réussit difficilement à dégager. C’était la division Seruricrqui se déployait en prenant à revers les positions de l’ennemi, Wurmser n’a pas un moment à perdre pour l’arrêter, il se hâte de lui opposer saseconde ligne, c’est ce que Bonaparte a prévu : il fait aussitôt battre lacharge, tout s’élance à-la-fois, on enlève la redoute de Medolano , oncroise la baïonnette, on est prêt de s’aborder. Les impériaux ne soutien-nent pas le choc, ils fuient au-delà de la rivière, et ne sont préservésd’une entière destruction que par l’extrême fatigue des soldats républi-cains. Wurmser n’avait point perdu plus de 3ooo hommes, il pouvaitencore se maintenir sur le Mincio, et tenir la campagne; mais Bonaparte ne savait pas seulement remporter des victoires, il savait les rendre dé-cisives en ne laissant pas reposer les armées battues.

Dès le lendemain de la bataille, Massena débouche de Peschiera :pour ne point perdre de temps à déblayer les portes qu’on avait murées,ses troupes se jettent du haut des remparts sur le détachement qui masquela place; ce corps n’avait pas encore donné, il se défend vaillamment, maisenfin il est rompu. Dans le même temps, Augereau ouvre un feu violent aupont de Borghclto. Wurmser , déconcerté par tant de promptitude, re-nonce au Mincio, espérant se raffermir à Vérone et sur le plateau deRiyoli. Il envoie à Quasdanowich l’ordre de conserver le défilé de la