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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798. 465

gigantesque, il arrive qu’en un court espace de temps, on voit s’accomplirdes faits qui eussent épuisé les efforts de plusieurs générations.

Depuis le règne de François I er , la France , long-temps aux prises avecla maison d’Autriche , était parvenue, au moyen de ses alliances avecl’empire ottoman, les princes protestans du nord de l’Allemagne et leroi de Sardaigne , à s’attribuer les profits de cette longue lutte; Richelieu,Louis XIV, Louis XV lui-même avaient successivement rapproché de sadernière limite la frontière si indécise du nord et de l’est; l’Espagne etNaples , gouvernées par des Bourbons, avaient été soustraites à l’influencede Vienne ; enfin, vers le milieu du xvm e siècle, de part et d’autre, onavait abandonné les anciennes maximes, et un rapprochement s’étaitopéré entre la cour de Versailles et le cabinet aulique.

Cependant l’état de dégradation de son gouvernement fit tourner contrela France cette dernière combinaison. Tandis que la vieille monarchies’éteignait au sein d’une ignoble mollesse, l’Autriche, la Prusse, la Russie s’agrandirent aux dépens de la Pologne et de la Turquie . Leur ascendants’étendit sur l’Europe entière, et lorsqu’elles se décidèrent à opposer laforce des armes aux réformes politiques, la révolution se présenta sur lechamp de bataille sans alliés ; mais elle sut s’en passer; les armées de la ré-publique eurent bientôt effacé les traces de l’incapacité des derniers rois.Les princes allemands et l’Italie manquaient à ses drapeaux; l’Allemagne jusqu’au Rhin fut conquise; la Lombardie,les Légations érigées en répu-blique neutralisèrent le Piémont et le midi de la Péninsule. Le traité deCampo-Formio consacra ces grands résultats, mais ils ne suffisaient pas;on voulait encore tout à-la-fois chercher l’Angleterre et prendre positioncontre le continent. Le renversement du gouvernement pontifical, l’in-vasion de la Suisse, les expéditions d’Irlande et d’Égypte , la guerre deNaples , furent les conséquences de celte politique qui donna lieu à laseconde coalition.

Après le traité de Tolentino, le directoire envoya à Rome , en qualitéd’ambassadeur, le frère aîné de Bonaparte, Joseph, dont la présence futle signal d’un redoublement d’intrigues en sens opposés. Le sacré collège,irrité à la vue du drapeau républicain, sollicita le souverain pontife derompre encore une fois; d’un autre côté, les patriotes s’agitèrent, comp-tant, pour conquérir leur liberté, sur l’appui des Français .

Une insurrection, dont la police romaine eut le secret, et dont ellerésolut de profiter pour tourner contre la légation le fanatisme de lapopulace, éclata le 27 décembre. Les conjurés arborèrent la cocardetricolore, mais on s’attendait à leur mouvement, et les mesures étaientprises pour le réprimer. Quelques-uns d’entre eux cherchèrent un refugeau P a tais de Joseph ; on, les poursuivit, on fit feu dans ses cours. L’a» 1 '

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