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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798. 167

leurs acclamations , à la vue de cette flotte majestueuse qui allait le con-duire à de nouvelles destinées, il dut pressentir sa grandeur future. Lesvents contraires le retinrent quelques jours : enfin le ig mai, près de 3ootransports et les bâtimens d’escorte se déployèrent par un temps magni-fique. Dès le soir on avait gagné la haute mer : on devait rallier les autresconvois dans les eaux de la Sicile et relâcher à Malte.

L’armée entière, forte de 3ô,ooo hommes, formait cinq divisiônsd’infanterie sous Klcber, Desaix, Bon , Dugua , Régnier, plus un corpsde cavalerie commandé par Murat. Bcrthier avait repris son poste àl’état-major. Caffarelli-Dufalga dirigeait le génie, Dommartin l’artillerie,les généraux Menou, Alexandre Dumas , Yaubois étaient attachés auquartier-général. Enfin, des savons et des artistes au nombre desquelsbrillaient Monge, Bcrtholct, Fourrier , Denon, faisaient partie de l’ex-pédition.

On devait en passant prendre possession de l’île de Malte; on se pré-senta devant la place le 10 juin. Le grand-maître refusa l’entrée du port etse mit sous les armes. Il avait, autour de lui, 4oo chevaliers, un régimentde 5oo hommes et les milices levées sur une population de 100,000 âmes,très peu affectionnée à ses maîtres. On jeta quelques colonnes à terre, onculbuta les troupes de l’ordre. Mais la forteresse pouvait braver long-tempsles efforts de l’armée et les instans étaient précieux. On négocia; Bo-naparte intimida, séduisit le grand-maître et réussit à lui faire signer unecapitulation. Félicitons-nous, dit Caffarelli, en franchissant ces rempartscélèbres, félicitons-nous de ce qu’il s’est trouvé dans la place quelqu’unpour nous en ouvrir les portes ! Huit jours suffirent pour organiser l’îledont Vaubois fut nommé gouverneur. La flotte reprit le large le igjuinet arriva le premier juillet dans la rade d’Alexandrie . La population en.tière était armée; elle avait reçu l’éveil. L’escadre de Nelson, qui au bruitdu départ de Toulon , s’était élancée sur la Méditerranée , impatiente d’at-teindre la flotte, avait touché terre en donnant avis de l’approche desFrançais . Malgré la mer houleuse, on fit aussitôt des dispositions poursaisir le port, avant le retour de l’amiral, que l’on s’attendait, d’un mo-ment à l’autre , à voir reparaître.

Pendant ces apprêts, on signale une voile à l’horizon. O fortune! s’é-cria le général en chef, me refuseras-tu quelques heures ! Mais la fortunectait loin de se montrer severe. On reconnut le pavillon français et l’oncontinua le mouvement. Menou débarqua quelques bataillons à une lieueet demie d’Alexandrie . Pendant la nuit, Kléber, Bon, Bonaparte sui-virent : 3 à /|ogo hommes se réunirent sur la plage, et marchèrent à1 assaut. C’était un vigoureux coup de main : les Turcs sont intrépidesderrière des murailles. Il fallait enlever brusquement les portes ou se