176 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Sur ces entrefaites, on apprit au Caire que la Porte allait déclarer laguerre aux Français ; cet évènement donnait une autre face à l’expédition.Le sultan, comme successeur des califes, est encore le commandeur descroyans, et sa décision devait soulever tout ce qui nourrissait des idéesfanatiques. « Le chef des Musulmans , disait-on dans les mosquées, s’é-«tant déclaré contre les Français, on ne doit plus les traiter que comme«des chiens d’infidèles qu’il est méritoire d’exterminer.»
Ces propos se répaudirent , la fermentation alla toujours croissant, etle 21 octobre des rassemblemens se formèrent. Leur nombre leur inspirade l’audace ; l’hôpital, la maison de Caffarelli, l’institut furent -insultés ;plusieurs Français périrent, le tumulte devint effrayant. Le commandantde place Dupuis prit quelques troupes et marcha aux insurgés; mais sonescorte, trop faible, fut culbutée et ce malheureux général massacré. Aces nouvelles, Bonaparte monte à cheval et fait battre la générale; toutel’armée prend les armes ; l’artillerie se met en batterie, dans les rues prin-cipales, et le combat s’engage. Il dura deux jours, au bout desquels lesrévoltés traqués partout, renfermés dans une mosquée, crièrent merci.Bonaparte pardonna et sa clémence, appuyée de quelques exemples sé-vères, assura pour long-temps la tranquillité du pays.
IV.
Expéditiond’trlando (du 4 au 27 août).—Capitulation [d'Humbert (8 septembre).—Dispersion de
Pendant que l’Orient était le théâtre de ces grandes scènes, l’expédi-tion d’Irlande échouait. Depuis la première invasion infructueusementtentée par Hoche en Irlande , celte malheureuse contrée s’était insurgée.Ix:s révoltés, vaincus en bataille rangée, soutenaient encore une guerrede partisans : mais lord Cornwallis , à la tête d’une année de 60,000