Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
186
JPEG-Download
 

186

GUERRES DE LA RÉVOLUTION,taquc. Au sortir de Samanliout, il se heurta contre les Français qui formè-rent trois carres , l’infanterie aux ailes, la cavalerie au centre. Le bey es-saya d’abord de les entamer; son infanterie profitant d’un canal à sec seglissa près d’eux en tiraillant ; mais, avant que son feu eût atteint un seulhomme, Desaix lança sur elle un escadron et quelques compagnies d’élitequi la dispersèrent et s’emparèrent de Samanliout. Alors le combat de-vint général; l’ennemi chercha tout à-la-fois à rompre les carrés et à re-prendre le village, mais il échoua sur tous les points. Enfin la cavaleriefrançaise à son tour s’ébranla pour charger les Mamelucks qui n’attendi-rent pas le choc. Beys et scheicks arabes s’enfoncèrent dans les valléesde Qoseir, d'Akmin et d’Esneh. Mourad seul resta sur les bords du Nil .

Desaix ne négligea rien pour éloigner un chef si entreprenant ; il lepoursuivit sans relâche en prenant position tour-à-tour à Thèbes ,Esnchet Açouan. Il le rejeta enfin hors de l’Egypte , s’empara de l’île de Philœet planta le drapeau français sur les rochers d’où tombent les cataractesdu Nil .

Ainsi, la victoire de Samanliout livra la Haute-Egypte comme celle deScdment avait livré leFaïoum. Les beys, coupés les uns des autres, furentréduits au rôle de chefs de partisans;néanmoins il continuèrent la guerreavec une infatigable activité. Leurs efforts, désormais, tendaient à seréunir, comme ceux des généraux français à les tenir séparés. Malgréleur parfaite connaissance du terrain, il ne purent réussir à une jonctioncomplète , et dans toutes les rencontres ils furent battus.

Mourad s’enfonçant dans le désert, par la rive droite du Nil , cherchaà gagner Siout dont les siens venaient de s’emparer. Desaix courut surses pas, l’atteignit àLouqsor, dispersa sa troupe et le rejeta au-delà dufleuve accompagné seulement de i5o cavaliers. Sa déroute entraîna celledes partis d’Esueh qui, se portant à sa rencontre, furent assaillis etculbutés par les vainqueurs. Les succès de Desaix furent cette fois chère-ment achetés; en se concentrant, il avait laissé à découvert sa flottille queles Arabes surprirent et brûlèrent en faisant prisonniers les équipages.Les ÉYançais, outrés de cette audace, ne tardèrent pas à en tirer une écla-tante vengeance. Us marchèrent sur Benoutoùles Arabes s’étaient retran-chés avec leur capture, les anéantirent et délivrèrent les prisonniers. Puis,pour mettre fin à ces mouvemens qu’encourageait la communication avecl’Arabie, Desaix poussa jusqu’à la mer Rouge . Les beys se réunirent pourl’arrêter à Iîir-el-Bar; il leur passa sur le corps, les dispersa dans le désertet s empara de Qoseir. Ce dernier coup détruisit les espérances de Mourad.Renonçant à la Haute-Egypte , il traversa de sa personne les Oasis et leFaioum pour se rendre dans le Delta, tandis que les détachemens de Bir-cl-Bar, suivant son mouvement sur l’autre rive, gagnèrent par le désert