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CAMPAGNE DE 1798.
l’Oasis de Sebabiar. Leur but était de se joindre au pacha de Rhodes dont la prochaine arrivée leur était annoncée. Ils pensaient entraîneravec eux la masse des Arabes ; mais il se heurtèrent presque seuls contreJes troupes que Bonaparte avait mises en mouvement, pour s’opposer audébarquement de l’armée turque. Mourad, battu près des lacs de Natroûn,revint sur ses pas, et la colonne de la rive droite fut dispersée à Sebabiar,
La Porte s’était décidée à la guerre, et le pacha d’Acre avait étéchargé d’envahir l’Egypte ; mais Bonaparte s’était préparé à prévenir l’at-taque et à la porter lui-même en Syrie . Vers la fin de l’hiver; pendantque Desaix poussait devant lui les débris de Mourad, l’armée d’expéditionouvrait sa marche. Elle se composait de quatre divisions d’infanterie !Reynier commandait l’avant-garde( 2 i 6 o), Kleber(3349),Lannes ( 2 9 2 4)«Bon ( 2449 ), le corps de bataille : Murat la cavalerie ( 800 ), ce qui faisait,avec les troupes d’artillerie, génie, guides et dromadaires ( 22 x 3 ), en tout
12,895.
Ce fut avec moins de 1 3 ,000 hommes que Bonaparte s’enfonça sanshésitation dans les sables qui séparent l’Afrique de l’Asie . Il n’avait point,comme Alexandre, une flotte pour soutenir et approvisionner ses troupes;mais à peu de distance de l’Egypte , il comptait sur de vaillans alliés.Les montagnes de la Palestine, les bords du Jourdain , le Liban , sonthabités par des peuplades chrétiennes toujours prêtes à courir aux ar-mes. En s’appuyant sur elles, le précédent paclia'd’Acre s’était rendu indé-pendant de la Porte; mais sa famille désunie n’avait point hérité de sonpouvoir, et son successeur, dont le nom se mêle d’une manière funeste àl’histoire de l’expédition, Aclnnet-Pacha-el-Djezzar, sans être très soumisau sultan , était fidèle à la foi musulmane et tournait contre les chrétiens1 activité d’un caractère féroce. Cet homme sanguinaire avait réponduaux ouvertures du général en chef en faisant mettre à mort ses émissaireset en donnant asile à Ibrahim-Bey.
C’était lui que l’on cherchait d’abord. La capitale de sou pachalickétait le premier but de l’armce. Pour y arriver, il faut traverser le désert,puis longer la côte en passant par El-Arich, Kan-Iouues, Gaza, Jaffa et Haïfa . Ces places ont peu d’importance, les avant-postes du pacha nepouvaient s’en faire des points d’appui assez imposans pour arrêter les .Français. C’était donc un siège que l’on allait faire , un siège précédé dequelques coups de main. La difficulté de la route ne permettant pas de .transporter par terre le matériel, une flottille le conduisait droit à Acrependant que les troupes s’avancaient en côtoyant le rivage de la mer.
Acre une fois pris, Bonaparte avait dessein de soulever les populationschrétiennes soutenues parla terreur qu’inspirait Djezzar, de débouclier àleur tête au-delà du Liban et de s’emparer de Damas, centre de la domi-