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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798 .

« Voici le récit des grâces que Dieu Très-Haut a accordées à la répu-«blique française; aussi nous nous sommes emparé de Jaffa en Syrie .

«Djezzar avait l’intention de se rendre en Egypte , la demeure des pain« vres, avec les brigands arabes. Mais les décrets de Dieu détruisent les«ruses des hommes. Il voulait faire couler le sang, selon son usage bar-« bare, à cause de son orgueil et des mauvais principes qu’il a reçus des« Mamelucks et de son peu d’esprit ; il n’a pas pensé que tout vient de« Dieu .

« Le 26 de ramazan, l’armée française cerna Jaffa . Le 27, le général«en chef lit faire des fossés, parce qu’il vit que la ville était garnie de« canons et renfermait beaucoup de monde. Le 29, le fossé était d’envirou« 100 pieds de longueur. Le général en chef lit placer les canons, les mor-« tiers et des batteries du côté de la mer pour arrêter ceux qui voudraient« sortir.

«Le jeudi, dernier jour de ramazan, le général en chef eut pitié des« habitans de Jaffa , il fit sommer le gouverneur. Pour toute réponse^« on arrêta l’envoyé, contre toutes les lois de la guerre et de Mahomet .

« A l’instant, la colère de Bonaparte éclata, il lit tirer le canon et les«bombes. En peu d’instans, le canon de Jaffa fut démonté. A midi, la« muraille avait une brèche. On donna l’assaut et en moins d’une heure« les Français eurent pris la ville et les forts. Les deux armées commencè-« rentà se battre. Les Français furent vainqueurs; le pillage dura toute la«nuit. Le vendredi, le général eut compassion des Egyptiens qui se« trouvaient à Jaffa . Pauvres et riches , il leur accorda le pardon et les« fit retourner avec honneur dans leur pays. Il en agit de même à l’égard« de ceux de Damas et d’Alep .

« Dans le combat plus de /jooo hommes de Djezzar furent tués par la« fusillade et l’arme blanche. Les Français perdirent peu de monde. Il y« eut peu de blessés, ils pénétrèrent par le chemin dupont sans être rus.« O adorateurs de Dieu ! Soumettez-vous à ses décrets , ne vous opposez« pas à sa volonté, observez ses commandemens. Sachez que le monde« est sa propriété et qu’il le donne à qui il veut. Sur ce, le salut et la mi-te séricorde de Dieu . »

Ces fêles, ces récits frappaient d’admiration la population du Caire où nul ne songeait à se soustraire au pouvoir du Grand des Français, dusultan El-Kebir (le feu).

Cependant la Basse-Égypte fut troublée par l’imposture d’un Arabequi descendit du désert escorte de quelques centaines de fanatiques et sedonna pour l’ange El-Mohady, qui, selon le koran, se porte au secours desfidèles aux époques de grandes calamités. Cette multitude s’empara deDamanhour , et le bruit des miracles de l’ange qui promettait de préserver