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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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192 GUERRES DE LA REVOLUTION.

ses adhérens de l’atteinte des balles s’étant répandu , il eut bientôt réunides milliers d’hommes. Une division marcha contre lui et dispersa satroupe; on le prit et il fut passé par les armes.

Aussitôt de retour, Bonaparte fit fortifier les points accessibles de la côte.Junot avait pris position à El-Arich pour observer lbrabim et Djezzar ;d’autres déiachemetis se mirent en garde contre les incursions des Ma-melucks. Ce furent ces mouvemens qui arrêtèrent Mourad et le chassè-rent de la Basse-Egypte . On dit que dans sa fuite il vint, à peine escorté,jusqu’aux Pyramides. Monté sur la plus élevée, il passa une journée en-tière à contempler le théâtre de sa gloire déchue. On l’aperçut, on aver-tit le général en chef qui sortit à la hâte, espérant le saisir, mais il eut letemps de s’échapper et de gagner le Faïoum.

Bonaparte était préparé à tout événement lorsqu’il apprit que la flottetûrque avait paru devant Alexandrie, que le pacha de Rhodes avec 1 5,ooohommes avait pris terre, et que le fort d’Abouqir avait été investi et en-levé.

Au lieu de suivre ce premier succès, les Turcs se fortifiaient autourd’Abouqir, soit pour attendre le secours que Mourad leur avait promissoit pour recevoir la bataille. Elle ne tarda pas à leur être livrée. Bonaparteaccourut du Caire à Alexandrie avec deux divisions d’infanterie et la ca-valerie. Scs colonnes d’attaque furent promptement formées et misesen mouvement.

Le front de l’armée ennemie était couvert par deux lignes non conti-nues de retrancliemens occupant dans toute sa largeur la presqu’île d’A-bouqir. La première ligne tirait sa force de deux redoutes placées à scsextrémités, tandis qu’à la seconde, le principal ouvrage occupait le cen-tre. Cette disposition ne manquait pas d’habileté ; mais le pacha, n’ayantpoint de retraite, s’était mis dans l’alternative de vaincre ou d’être anéanti.Bonaparte fit ses apprêts de manière à frapper des coups rapides et déci-sifs, à triompher de l’obstination de ses adversaires, derrière des retran-chcmens dont il venait de faire une si funeste expérience, enfin à leurôter la faculté de se rembarquer.

L’armée française s’avança en trois colonnes : à droite Lannes, à gau-che Lanusse, et entre eux la cavalerie de Murat. Le feu se soutint quel-que temps sur toute la ligne; mais enfin Murat enfonça le centre que rienne couvrait. Ses escadrons passant derrière les redoutes coupèrent la re-traite aux troupes qu’au moment même l’infanterie faisait plier. Il y eutalors une horrible confusion : la plupart des Turcs se jetèrent à la mer etpérirent dans les flots. '

La première ligne détruite, restait à enlever la seconde ; Lannes sechargea de donner l’assaut de la redoute, et Murat, prenant sa place à