CAMPAGNE DE 1793. 195
noirs que Bonaparte avait demandés en Ethiopie et les ésc/aves cfilrc se<>mains devinrent de bons soldats.
L’armée réorganisée , Klebcr se livra à l’administration, où il ne dè-^ploya pas moins de talent que dans les affaires de la guefre; déjà le paysprenait une face nouvelle, quand le poignard d’un fanatique trancha unevie sur laquelle reposait le salut de la colonie.
Le droit d’ancienneté appelait Menou à le remplacer ; ce général pritpossession du commandement et, comme pour démontrer ce que peutl'influence d’un seul homme, le gouvernement le confirma dans ce postealors si important.
Le grand-vizir ne pouvant plus rien par lui-même , les Anglais réuni-rent à Rhodes , sous les ordres de Ralph Abcrcrombie, un corps d’arméedestiné à opérer sur les bouches du Nil . Ils embarquèrent à Madras 5 ooasoldats indiens pour les jeter à Qoseir. Les Turcs, ainsi appuyés, se dis-posèrent à reparaître par l’isthme de Suez.
Les distances sur lesquelles on opérait, la divergence des lignes d’at-taque, demandaient aux ennemis beaucoup de temps. Menou aurait dû lemettre à profit pour être partout en mesure. Mais lorsque les voiles an-glo-turques parurent, rien n’était fait pour les repousser.
Ralph Abcrcrombie put débarquer à Aboukir, s’emparer du fort et seretrancher comme l’avait fait précédemment le pacha de Rhodes sans quecette expérience inspirât à Menou les moyens de lui faire obstacle.
Lorsque enfin il se porta contre les ennemis, ceux-ci, forts de 17,000hommes flanqués par des chaloupes canonnières et couverts de bonnesredoutes, restèrent maîtres du champ de bataille. Leur général perdit lavie, mais les Français furent repliés dans Alexandrie .
Les Anglais les enfermèrent dans cette ville et rompirent les diguesqui retiennent l’eau de la mer et laissent ordinairement à sec le laaMaréotis ; après quoi ils dirigèrent par Rosette , sur le Caire , une fortecolonne.
A leur approche, Relliard, gouverneur du Caire , concentra toutes lesforces françaises; Mourad lui-même se mit en mouvement pour le re-joindre, mais atteint de la peste, il mourut à Benziouef. D’un autre côté,le grand-vizir déboucha de la Syrie et les troupes indiennes arrivèrent àQoseir où elles débarquèrent sans obstacle. Relliard, coupé du corpsprincipal, entouré par 45 ,000 hommes parmi lesquels le nombre de trou-pes régulières excédait celui de sa troupe, forte au plus de 7 a 8000 com-battans, Belliard consentit à une convention en vertu de laquelle il futconduit en France avec tous les honneurs de la guerre.
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Alexandrie seule tenait encore, les provinces étaient entièrement éva-
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