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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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394 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

ser le Nil, lorsqu’il fut informé que les Anglais se refusaient à l’exécutiondu traité et demandaient que l’année française déposât les armes.

On ne répond à de telles insolences que par la victoire, s’écrie le géné-ral! bientôt il est disposé à combattre. Cependant le grand-vizir s’appro-che du Caire à la tête de 80,000 hommes. Ibrahim - Bey et ses Mamc-lucks en font partie. Djezzar a refusé de les suivre. Mourad a traversé ledésert et s’est rapproché des évènemens plutôt pour en être témoin quepour y prendre part. L’avant-garde turque s’est retranchée dans les ruinesd’IIéliopolis et l’armée s’étend jusqu’au Nil , quand Kleber, ayant laisséa000 hommes à la garde du Caire , déboucha de la ville avec 10,000combattans et se porta au-devant de ses nombreux ennemis.

Cette héroïque poignée d’hommes enveloppe, rompt, sabre l’avant-garde; après quoi, elle se précipite en masse sur le corps de bataille et luiporte un si rude coup qu’il ne peut s’en remettre. Les Turcs se dispersent,comme ces armées de la Bible que frappe l’ange exterminateur, abandon-nant leurs canons et leurs immenses bagages.

Cependant Ibrahim, à la tête d’une nuée d’infanterie et de cavalerieirrégulières, s’était dirigé sur le Caire ; il s’était même heurté contre Klc-ber, mais le général français n’avait point voulu, pour contrarier sonmouvement, le distraire de l’attaque principale. Il était donc entré dansla ville pendant la bataille et l’avait soulevée.

La garnison, réfugiée dans la citadelle et les forts, tint bon. A mesureque la déroute du grand-vizir rendit quelques troupes disponibles, ellesse portèrent h son secours ; mais Kleber 11’abandonna la poursuite desvaincus qu’après avoir enlevé à Belbeis leur arrière-garde et vu au-delàde Salehieh leurs débris s’enfoncer en désordre dans le désert. Il se ra-battit alors sur la capitale qui était toujours en pleine insurrection et quise défendit avec fureur ; il la soumit toutefois, après en avoir forcé l’en-trée sur tous les points.

Que pouvait-il craindre désormais? Sa petite armée, prise entre 80,000combattans et une population soulevée de 2 à 3 oo,ooo âmes, sortait vic-torieuse de ce double péril; la dispersion des forces du'grand-vizir, laperte de son matériel mettaient celui-ci pour long-temps hors d’état derien entreprendre. Mourad, frappé d’admiration à la vue de tant d’habi-leté et d’audace, traitait avec les Français ; enfin la levée des contribu-tions de guerre, que la révolte du Caire avait autorisée, avait ramenél’abondance dansles camps. O11 savait que Bonaparte s’était emparé de ladirection des affaires; cet immense évènement, en donnant un nouveaunerf à l’armée, achevait de disposer les habitans à une entière soumission.Kleber ne songea plus qu’à conserver l’Égypte ; il donna à Mourad lecommandement de Saïcle, puis il se recruta dans le pays; il enrôla les