Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
198
JPEG-Download
 

193 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

pour en attendre ou pour leur prêter secours. La question devait se viderdans les vallées du Pô , du Danube et du Haut-Rhin.

Les troupes françaises se rangèrent sur la rive gauche de ce dernierfleuve et sur la rive droite de l’Adige . Les impériaux filèrent par le Tyrolet le Voralberg , et leur première démonstration hostile fut l’envahisse-ment des Grisons .

Ils s’avançaient ainsi en flèche sur l’arête culminante des grandes Alpes ,de manière à menacer à revers les républiques cisalpine et helvétique età s’ouvrir, par le Valais, la l’oute du midi de la France . Deux arméesse déployèrent pour soutenir cette attaque; l’une sur l’Adige , l’autre surle Lech : enfin les Russes accoururent également répartis entre elles.

Toutes ces forces ne formaient que deux grands commandemens :l’armée d’Allemagne sous l’archiduc Charles (117,000); l’armée d’Italie ( 54 ,ooo) sous le feld-maréclial-lieutenant comte Kray qui avait ordre decéder le premier rang à Suwarow . Les renforts russes devaient en porterle total à plus a 5 o,ooo coinbattans. Elles étaient ainsi réparties : la droitede l’archiduc (24,000 hommes, général Starray) auRauhe-Alp; les avant-postes au Mcin ; la gauche (25,000 hommes, général Kotzc) dans le Vo-ralbcrg occupant les Grisons ; le centre, en marche pour remplir l’inter-valle entre le Danube et le Rhin (66,000 hommes conduits par le généra-Rssime en personne); la droite de Kray (18,000 hommes, général Belle-garde) dans le Tyrol, le centre et la gauche ( 36 ,000 hommes sous lui-même) de Vérone à Legnago et autour du lac de Garde .

Le système général des opérations était de part et d’autre offensif. DuCôté des Français , il était basé sur une idée empruntée à la tactique. Onse proposait pour but cette même crête culminante des Alpes par la-quelle les impériaux avaient dessein de pénétrer. Comme les hauteurs sontd’ordinaire la clef d’un champ de bataille, on crut qu’on serait maître dela campagne si l’on prenait possession des monts qui dommentl’Allema-gne et lTlalie. En conséquence les armées républicaines, appuyant cellesdu Rhin à droite, celle del’Adige à gauche, eurent ordre de s’en emparer.C’était une étrange déviation des leçons de 1796. On préparait un mou-vement général de concentration dans des localités où à chaque pas il de-vait être contrarie par le terrain et l’on attachait trop d’importance à despositions faciles à couvrir, que d’ailleurs on eût annulées en faisantirruption soit en Bavière soit au-delà de l’Adigc.

A cette faute on en ajouta deux autres non moins désastreuses. D’abordcelle de laisser l’armée de Macdonald au fond de l’Italie , où elle n’eutaucun rapport avec l’idée de l’attaque, puis celle de trop diviser le com-mandement.

Outre 10 à 12,000 hommes très utilement placés en Hollande, entre-