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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1799.

tenus aux frais de la république batave, le Directoire mit sur pied cinqarmées: l’armée du Danube ( 38 ,ooo) sous Jourdan, rassemblée en Alsace ,l’armée d’IIclvétie ( 3 o,ooo) sous Massewa ; l’armée d’Italie ( 43 ,ooo) sousSchcrer; l’armée de Naples (27,000) sous Macdonald, enfin l’armée d’ob-servation réunie autour de Mayence (20 à 25 ,000) commandée par Ber-nadotte.

Ici l’on est arrêté par une réflexion douloureuse. Qu’étaient doncdevenues les grandes illustrations des premières campagnes ? Une seulereparaissait sur la scène, tant les orages politiques sont prodiguesd’hommes qu’ils enfantent et qu’ils dévorent !

Hoche était mort victime d’un mal aigu qu’on n’avait pu définir.Pichegru s’était éteint dans de misérables intrigues. Moreau, soupçonnéde les avoir favorisées, était relégué dans l’état-major de l’armée d’Italie.Championnet avait à se faire pardonner sa juste sévérité à l’égard descréatures du Directoire. Enfin l’expédition d’Egypte avait enlevé à laFrance Kleber, Desaix et Bonaparte . Des quatre collègues de JourdanSherer seul avait commandé en chef, on se souvenait de ses victoires dela Fluvia, de Loano; sa bravoure, son coup-d’œil étaient hors de doute ;cependant il n’était propre qu’au second rang; sévère jusqu’à la dureté,il ignorait l’art d’agir sur les masses, d’exciter leur devoûment, et il man-quait de décision. Les trois autres étaient dignes du premier grade, maisils ne l’avaient pas encore occupé.

Avant la jonction des Russes on voulut prendre l’initiative. Selon leplan arrêté, Jourdan passa le Rhin à Kehl et à Baie pour se déployer entrele Danube et le lac de Constance , et Scherer se mit à tâter le Bas-Adige,après avoir détaché de sa gauche la division Dessolles, pour pénétreraux sources de ce fleuve. Pendant ce temps, Masscna faisant front auRhin , avant son entrée dans le lac, forma ses colonnes pour pivotersur sa gauche, porter sa droite aux sources de l’Inn et s’aligner à Dessollc*en occupant la vallée de 1111.

On croyait, au moyen d’une double attaque de front, déblayer sanspeine les Grisons , le Ilaut-Tyrol et le Yoralbcrg. Maison rencontra dansles obstacles naturels, dans ceux que l’ennemi sut préparer, des difficul-tés qui déjouèrent tous les projets. On obtint toutefois dans les détails del’exécution de brillans succès.

Massena se trouva le premier en présence de l’ennemi; il somma Hotzef le faire évacuer les Grisons qu’occupaient 7000 hommes, sous Auffen-Pour toute réponse, le général autrichien se mit en défense : ils’était couvert à Fcldkirch d’une belle ligne de retranchemens et, près deMayenfeld, le mamelon de Luciensteig, surmonté d’un fort qui ferme lavallée, semblait flanquer suffisamment Auffenberg.