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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
enlever le passage du ravin et rompre les troupes qui avaient recueilli lesfuyards; mais il fut contenu par une vive canonnade, et à la nuit il re-vint près du Tidone.
Cependant Macdonald ayant deviné sa présence, comprit qu’il s’agis-sait de livrer bataille; et comme il s’attendait à voir Moreau déboucher deBobbio , au lieu de reculer jusqu’à la Nura où se trouvaient encore trois deses divisions, il leur donna Tordre d’accourir sur la Trebbia où il étaitrésolu de tenter le sort des armes.
De son côté, Suwarof fit ses dispositions d’attaque : chaque instant étaitprécieux, Moreau pouvait paraître sur le sommet de l’Apennin , par son ap-parition rendre le combat impossible et conquérir sans brûler une amorcela rive droite du Pô. Dès l’aube du jour, un rideau de tirailleurs se ré-pandit sur toute la ligne; les Français ripostèrent et Ton continua jusqu’ausoir un feu meurtrier. Pendant ce temps, les Russes qui avaient marchétoute la nuit arrivèrent successivement, et après quelques momens de re-pos, ils se formèrent en quatre colonnes. Macdonald aussi reçut ses ren-forts et fit passer sa gauche à Rivalta. Ce village, situé à l’intersection dela route de Gênes et de la Trebbia , était la clef du champ de bataille ; sapossession livrait l’entrée du défilé de Bobbio , par où les deux arméesfrançaises devaient se réunir. Aussi le général russe voyant son adversairel’occuper, y porta son effort. Après un choc terrible et sanglant, il le re-plia au-delà du torrent, mais il n’essaya pas de le déborder, on se bornade part et d’autre à se canonner de Tune à l’autre rive, et Ton remit aulendemain les mouvemens décisifs.
Après une lutte de deux jours, Macdonald ne pouvait plus douter dela coopération de Moreau. Le projet de leur jonction avait été arrêtéentre eux : mais par une négligence inexcusable, ils avaient laissé duvague dans les détails de l’exécution. Us avaient eu surtout le tort de nepoint confier à une seule tête la direction d’une affaire où le sort de lacampagne était en jeu. La perte de la bataille, celle de l’Italie , furent lerésultat de ce déplorable défaut de concert.
Lorsque enfin dans la matinée du troisième jour le feu s’ouvrit sur tousles points, Moreau négligeant le vrai point d’attaque, ne fit à sa droitequ’un faible détachement, et marchant sur Tortone il culbuta Bellegardeet le refoula au-delà de la Bormida. Pendant qu’il obtenait ce succès in-signifiant, Macdonald renouvela témérairement l’attaque. Les alliés étaientrangés depuis Rivalta jusqu’au Pô, les avant-postes sur la rive gauche dela Trebbia . La fatigue mutuelle avait retardé le signal du combat.
A midi, les colonnes républicaines ayant replié les avant-gardes enne-mies, se jetèrent vaillamment dans le torrent, franchirent en bon ordrescs bords escarpés malgré le feu d’une nombreuse artillerie, poussèrent