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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

temps, les troupes régulières de la Sicile prirent terre à Castellamare, dansle golfe de Naples. Un mois après, Macdonald, obligé de battre en re-traite, laissa garnison dans les châteaux de la capitale, à Gaëte et à Pcs-cara. Les bandes de Ruffo ne tardèrent pas à investir Naples , où s’étaientréfugiés tous les partisans de la révolution. Cette petite troupe se défenditen désespérée jusqu’à l’arrivée des corps réguliers. Avec eux, on con-sentit à parlementer et l’on convint que la garnison et les Napolitains se-raient transportés en France . Déjà rembarquement s’effectuait, lorsqueNelson refusa, au nom de l’Angleterre, de ratifier la capitulation etdonna l’ordre de retenir prisonniers les sujets du roi Ferdinand. On vitalors des scènes sanglantes, auxquelles les plus funestes excès de la révo-lution ne peuvent être compares. On vit le vainqueur d’Abouqir s’érigeren juge des principaux fondateurs de la république, les condamner etprésider à leur exécution. On vit la foule de leurs adhérens périr sous lamitraille ou sous le poiguard des soldats de Ruffo.

Il semblait qu’on fût ramené aux crises de 1793. La Suisse envahie,Massena réduit à se défendre , l’Italie perdue, la Hollande menacée d’unedescente, dont le succès pouvait entraîner la Prusse. C’étaient des coupsaccablans qui mettaient en question l’existence de la république. Les con-seils en furent ébranlés, et il y eut dans la direction des affaires une ré-volution dans le sens démocratique. On fit de nouvelles levées, on ras-sembla 25 ,ooo hommes sur les côtes de la Belgique , on réorganisa autourde Mayence l’armée de réserve, sous le nom d’armée d’Allemagne ; onrésolut de la porter à 60,000 hommes et de la confier à Moreau; l’onenvoya Championnct en Dauphiné prendre le commandement de 20 à25 ,ooo hommes, avec ordre de descendre en Piémont ; enfin, on plaça àla tête des débris de Cassano et de la Trcbbia, forts de 45 ,000 hommes,Joubert, ce brillant lieutenant de Bonaparte , qui s’était si rapidementélevé durant la grande campagne d’Italie ; on lui donna la mission defaire lever les sièges de Tortonc, d’Alexandrie et de Mantoue .

On voulait, depuis le Neckar jusqu’à la Méditerranée, ressaisir par-tout l’offensive et déjouer par des victoires les efforts de la diplomatiepour appeler la Prusse aux armes. Il était beau d’imprimer à toutes lesarmées un nouvel élan ; mais il eût fallu plus d’activité qu’on n en dé-ploya. On laissa près de deux mois s’écouler avant la reprise des hostilités.Pendant ce temps, Mantoue et Alexandrie succombèrent, et le drapeautricolore ne flotta plus que sur Coni, le château de Tortone et le fort deGavi . Joubert, à peine arrivé à son poste, apprit au débouché des montsces funestes nouvelles; il sut que toutes les forces des coalises devenuesdisponibles, marchaient contre lui. Son mouvement n’avait plus de but,il eût voulu le suspendre, remettre entre l’armée ennemie et la sienne la