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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1799. 217

barrière de l’Apennin ; mais il était trop tard, et il fut obligé de chercherun champ de bataille.

On sait que le débouché delà Boclietta est fermé par le fort de Gavi.Au sortir de cette petite place la route traverse, dans toute sa longueur,un amphithéâtre de mamelons qui se détache obliquement des montagnes,entre l’Orba et la Scrivia. La ville deNovi, entourée d’une vieille enceinte,est bâtie sur l’arête extrême; là le terrain s’affaisse brusquement et l’onentre dans une vaste plaine où s’élèvent Tortone et Alexandrie . Joubcrtrangea son armée sur cette crête escarpée; la position était excellente:battu, Gavi couvrait sa retraite, vainqueur on se répandait jusqu’au Pôet l’on dégageait Tortone .

La droite sous Saint-Cyr s’étendit de Novi à la Scrivia, le centre s’éta-blit à gauche de Novi, la gauche s’appuya sur des ravins dont Posturanaest entouré. Le général en chef n’espérait pas braver seulement l’effort îlescoalisés; il songeait même à pousser un détachement jusqu’à Tortone pourretenir une partie de leurs forces, lorsque Suwarof donna l’ordre d’enga-ger le combat.

Ce général, étourdi par la rapidité de ses victoires, avait eu la fai-blesse de prendre en mépris ses adversaires; confiant d’ailleurs dans sasupériorité numérique (il avait 60 , 000 ) il se borna à prescrire à scs lieu-tenans d’attaquer, sans arrêter un plan général d’opérations.

Kray, à peine arrivé de Mantoue , avait pris la droite et se trouvaitle plus à portée du mamelon du côté de Posturana; venait ensuite Ro-senberg à la tête des Russes marchant droit sur Novi ; puis, plus en ar-rière, Mêlas s’avançant en colonne et côtoyant la Scrivia.

Kray fut le premier en ligne; Joubert courut à lui et voulant entraînerson infanterie pour le charger et le rompre, il se porta aux premiers rangsoù une balle l’atteignit; il mourut sur le coup en s’écriant: en avant mesamis, en avant ! Moreau prit aussitôt sa place et fit exécuter le mouve-ment; après une longue et sanglante lutte les impériaux furent rejetésdans la plaine.

Après Kray ce fut le tour des Russes qui tentèrent de couronner leshauteurs à droite et à gauche de Novi, mais qui échouèrent en essuyantd’énormes pertes. Suwarof fit ensuite monter ensemble à l’assaut. Ro-senberg et Kray; même résolution et même succès de la part des Fran-çais . Irrité jusqu’à la fureur, le feld-maréchal , sans songer à manœuvrer,revint à la charge jusqu’au soir et l’on se détruisit de part et d’autreavec un acharnement inouï. La victoire semblait se déclarer pour les ré-publicains, mais Mêlas n’avait pas encore donné. Yers cinq heures sacolonne se déploya contre les flancs d’une armée épuisée. Saint-Cyr n’a-vait à lui opposer que des forces inférieures, elles plièrent et l’ennemi