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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

les débordant finit par jeter une division entière en arrière de leur ligne.Ce fut un moment bien critique ; toute l’armée était engagée, Suwarofpour la première fois prenait pied sur les hauteurs, Kray était parvenuà se loger dans les ravins de Posturana, on était pressé sur tous les pointset l’on n’avait pas un bataillon en réserve pour rétablir l’équilibre. Mo-reau sentit la nécessité de battre en retraite sous peine d’être tourné etenveloppé. On se mit donc à reculer, mais ce ne fut point sans péril. Mêlaspénétrant à revers jusqu’à Novi faillit enlever les corps qui l’avaient sivaillamment défendu, et, au défilé de Posturana, la division d’arrière-garde fut mise en déroute. On fit, pour la rallier, de nouveaux et terri-bles efforts, heureusement l’ennemi était lui-même trop maltraité pourtirer parti de ce désordre. Pendant la nuit l’armée se mit en sûreté cn-deçà de l’Apennin où elle reprit sa position primitive. La journéeavait été très meurtrière, les coalisés perdirent i 5 ,ooo hommes et lesFrançais 10,000; ceux-ci se laissèrent en outre enlever dans leur péni-ble retraite 37 canons et 2 drapeaux.

Championnet descendait, dans le même moment, les cols de Suze , deFcnestrelles et du petit Saint-Bernard . U se mit aussitôt à manœuvrersur sa droite dans le dessein de s’appuyer sur la place de Coni et d’opérersa jonction avec les débris de Joubert qu’il avait ordre de réunir à soncommandement. Mais il fut contenu par Mêlas que Suwarof chargead’investir Coni avec 80,000 impériaux et de s’opposer à la concentrationdes troupes françaises.

La république romaine privée de tout secours fut envahie au nordpar la division autrichienne de Frœhlich, qui prit position à Civita-Cas-tellana, pour s’étendre jusqu’à Civita-Vecchia , et au midi par les trou-pes napolitaines que leur général Burckard établit sur le Monte Rotondo:elle ne résista point à celte double attaque.

Rome était défendue par les patriotes soutenus de quelques détachemensfrançais etpolonais, commandés parle général Garnier. Cettepetite troupe,sans retraite, sans moyen de recrutement, n’hésita pas à tenter de sou-vrir un passage. Elle attaqua d’abord les Napolitains qui, selon leur usage lâ-chèrent pied. Le lendemain elle tomba sur Frœhlich, près de Civita-Vec-chia et remporta une seconde victoire ; ces deux avantages dégageaientla route d’Ancône où la troupe eût pu se renfermer ; mais Garnier, plusému du sort des Romains compromis par la révolution, que de sa propregloire, aima mieux en tirer parti pour obtenir une honorable capitula-tion. Les Français et les patriotes furent embarqués a Civita-Vecchia pour être conduits en Provence .

Le drapeau tricolore ne flottait plus qu’à Ancône où commandait Mon-nier. Ce brave général épuisa pendant six mois (de juin à novembre)