223 GUERRES DÈ LA RÉVOLUTION.
lisant pour paralyser l’élan que les ennemis attendaient du peuple et del’armée nationale.
La confiance que les orangistes avaient inspirée au gouvernement Bri-tannique relativement aux dispositions du pays et les intrigues qui tra-vaillaient la flotte, influèrent sur le choix du lieu de débarquement. Lesvaisseaux bataves étaient mouillés au Texel,dont l’accès est défendu parle poste du Heldcr. L’expédition fut dirigée sur la pointe sablonneuseque termine cette petite place. En même temps, quelques détachemenssemontrèrent sur la frontière de l’est pour déployer au milieu de la popu-lation le drapeau de la maison déchue.
Ces mesures, à les considérer militaireinent, avaient leurs avantageset leurs inconvéniens. S’il est de règle d’opérer une descente sur unepresqu’île, parce que les premières troupes débarquées sont flanquéesnaturellement, et en se retranchant, donnent au corps de bataille letemps de s’organiser ; si, en menaçant plusieurs points de la frontière, ontenait divisées les forces bataves, d’un autre côté, on se divisait soi-même en naviguant dans des courans de directions divergentes qui nepermettaient point de se rallier à une époque déterminée, et là où l’onprenait terre on ne trouvait point d’espace pour se déployer.
La partie septentrionale de laNord-ÏIollande est un banc de sable en-tièrement dégagé de la mer. À mesure qu’on descend au midi, on entredans une chaîne d’inondations, de lacs et de vastes polders, séparés del’Océan par une ceinture de dunes, large au plus de deux lieues.
Les polders, conquête du temps et de l’industrie sur les eaux, sont desterrains d’alluvion bas et marécageux, qu’on est parvenu à épuiser et àgarantir d’inondations nouvelles au moyen de digues, de larges fossésd’enceinte et de rigoles intérieures qui les divisent en une multituded’îlots.
La presqu’île est fermée par le Zyp, l’une de ces merveilleuses cultures.A peu de distance, l’inondation duHecr-Huigen-Waard, les grands poldersdu Schermer, du Becmster et du Purmer, forment une barrière qms’étend à droite jusqu’au Zuyderzée et qui se lie par les étangs d’Alkmaar aux golfes de l’Y et à la mer d’IIaarlem. Le terrain que quelques esca-drons avaient parcouru sur la glace lors de la conquête, est donc d ordi-naire un dédale inextricable susceptible d’être inondé, et présentant àchaque pas des positions presque aussi favorables à une opiniâtre défenseque les rochers et les torrens de la Suisse .
La division batave de Daendels (y à 8000) y était cantonnée, l’autre di-vision , sous les ordres de Dumonccau (6 à 7000), gardait la frontière del’Est, et les Français, à qui l’on avait donné pour général en chef Brune,