CAMPAGNE DE 1799. 223
placés où l’on devait supposer que s’effectuerait la descente, surveillaientles bouches de la Meuse .
C’était en effet par la Zeelandeque le prince anglais eût dû commencerses opérations. En s’assurant du cours de la Meuse, il eût séparé l’arméebatavedes renforts que le gouvernement français ne pouvait manquer delui envoyer, en même temps qü’il eût préparé une base assez forte pourdonner à la campagne une longue durée.
Quoi qu’il en soit, le premier convoi anglais , Sous les ordres d’Albef-crombie (17 a 20 , 000 ), escorté par l’amiral Mitchell, parut en vue duJïclder. L’ennemi fit sommer le commandant de ce poste et l’amiral ba-tave, qui refusèrent de se rendre. Comme oh se disposait à ouvrir le feu,les vents devenant contraires, rejetèrent les bâtimens au large. Le grostemps les retint éloignés du rivage pendant cinq jours, et durant ce courtintervalle, l’expédition prit déjà couleur. Le gouvernement batave témoi-gna d’une grande énergie. Il ordonna des levées d’hommes. Il mit enmouvement les gardes nationales de l'Est, pour repousser les détache-mens qui s’avancaient sur les bords de l’Yssol. Enfin, il fit concentrerSur la presqu’île toute la division Daendcls.
LcïGaoût, la flotte anglaise mouilla depuis Kallants-Og jusqu’au ÏIcl-der. Soixante Mtimens de guerre s’embossèrent pour soutenir , du feu deleur artillerie, le débarquement des troupes. La tête de colonne prit terreprès d’IIuisduincn. Daendels lui opposa quelques bataillons; mais, lacanonnade les éloignant, l’ennemi se forma dans les dunes,dont les iné-galités favorisaient les manœuvres. Le général hollandais le chargea parle flanc droit et réussit d’abord; mais les difficultés du terrain l’arrêtè-rent et le forcèrent enfin de céder. Après quinze heures de combat, lesAnglais restèrent maîtres du champ de bataille ; la division batave se re-tira dans le Zyp, et la garnison du Hclder longeant les sables du Zuydcr-zée, se mit dans ses rangs. Elle occupa à gauche Petten , à droite le grandKeet jusqu’au rivage, au centre Zand et la digue du Zyp.
Cependant le débarquement continuait. Albercrombie prit possessiondes routes du Helder, après quoi l’entrée de la rade du Texel étant déga-gée, l’amiral Mitchell y pénétra et refoula la flotte hollandaise dans lechenal au nord de l’île. Elle se composait de huit vaisseaux et trois fré-gates. L’amiral Story qui la commandait se préparait à une vive résistance;mais les équipages s’insurgèrent, arborèrent le pavillon de Nassau etlaissèrent emmener les bâtimens en Angleterre.
Le Zuyderzéc étant ouvert, Daendels pouvait être tourné dans le Zyp ;il l’évacua, échelonna sa gauche derrière le canal d’Alkmaar , établit soncentre dans le Schermer et sa droite à Aveuhorn, à l’entrée des défilés quitraversent les grands polders.