23 Q GUERRES DE LA. RÉVOLUTION.
talie, l’autre l’armée du Danube, il restait à opposer à la grande armée deSuwarof moins de 60,000 hommes. La réunion des forces qui devaientla composer était donc une opération décisive ; il fallait l’empêcher ouperdre la campagne. Les momens étaient précieux , déjà les colohnes deKorsakof et de Hotze se formaient pour se porter au-devant du généralen chef, lorsque Massena prit les armes et déboucha de ses lignes.
Korsakof, ayant laissé Cooo hommes le long de la Limath , avaitgroupé 20,000 hommes dans Zurich pour attaquer le mont Àlbis ; Hotze,posté sur les hauteurs en arrière de la Linth, s’apprêtait à franchir cetterivière vers son confluent; Jellachich et Linken passaient des Grisons dans le canton deGlaris, mus tous deux par l’approche de Suwarof quicommençait à paraître au pied du Saint-Gotliard. Les dispositions deMassena arrêtèrent complètement leur marche. Elles tendaient à pousserjusqu’au Rhin , à reprendre les mêmes positions qu’au début de la cam-pagne. En conséquence, Lecourbe avait ordre de rentrer dans les Grisons par Dissentis ; Soult, secondé par Molitor, devait forcer la Linth et culbu-ter Hotze jusqu’à Rheineck ; le général en chef s’était réservé de frapperKorsakof d’un coup décisif en enlevant la colonne qu’il avait réunie aZurich .
Dans ce but, il avait appelé sur la Limath , Ménard dont une brigaderesta au confluent de l’Aar , tandis que l’autre rejoignit Lorgcs et se con-centra avec lui dans Dictikon, sous le commandement d’Oudinot, cl queKlein et Mortier se serrèrent en masse devant Zurich .
Le 25 septembre tout était prêt et la ligne entière s’ébranla. Ménardouvrit d’abord vers Baden un feu violent pour retenir l’extrême droitedes Russes, ensuite Lorgcs surprit, à Dietikon , le passage de la rivière,entoura dans leur camp trois bataillons, que l’on fut obligé de tuer jus-qu’au dernier homme, et protégea l’établissement d’un pont sur lequelOudinot (1 5 ,ooo) défila sur-lc-ehainp pour remonter la rive droite et serapprocher de Zurich . De l’autre côté Klein et Mortier couronnèrent leshauteurs qui dominent la ville et resserrèrent dans ses murs les avant-pos-tes ennemis.
Rien 11’égale l’à-propos de ces mesures si ce n’est la précision avec la-quelle elles furent exécutées. De son côté Soult passa vivement la Linth, etcomme Hotze accourait pour reconnaître cette attaque soudaine, uneballe l’atteignit, il mourut et le désordre se mit dans sa troupe qui sedispersa et que l’on poursuivit par la route de Saint-Gall . Enfin Molitor,qui devait soutenir son collègue en se portant à Wesen, fut retenu auxponts de la haute Linth , par l’arrivée imprévue de Jellachich. Le combats’engagea, et, à l’aide de ses retranchemens, le général français resta vain-queur après avoir fait essuyer de grandes pertes aux impériaux.