CAMPAGNE DE 1799. 231
Ces beaux succès préparèrent la brillante journée du lendemain. Au jourKorsakof était enveloppé dans Zurich par 35,ooo hommes et sa perte étaitinévitable. Il n’avait plus d’autre ressource que de prendre pour appuicotte ville divisée par la Limatli en deux parties égales pour livrer une doublebataille, contenir sur la rive gauche Klein et Mortier, et sur la rive droite ,s'ouvrir la route do Wintherlhur en rompant les rangs d’Oudinot. Ce futde ce côté surtout qu’il y eut une lutte sanglante et acharnée; enfin parun effort désespéré, l’infanterie russe se fraya un passage et parvint à s’é-loigner de ce fatal champ de bataille; mais lorsque scs dernières files se fu-rent écoulées, la trouée, qu’elle avait un moment ouverte, se ferma désor-mais impénétrable, et l’arrière-garde et les équipages furent refoulés dansla ville où les troupes de Klein et Mortier accouraient. Bientôt toutes lesrues furent envahies , les Russes , au nombre de 5ooo, s’y défendirentencore, mais ils furent obligés de déposer les armes.
A l’autre extrémité du lac, Soult profita de la déroute des coalisés pourprécipiter leur retraite sur le Rhin et pour seconder en se portant àWesen les opérations de Molitor contre Jellachich. Ce dernier généralattaqué par scs deux ailes, se replia dans les Grisons et renonça à faire sajonction avec Linken qui, pendant la nuit, avait débouché d’Eugi pourse porter sur Glaris .
Cependant Suwarof était déjà au cœur de la Suisse ; le 23 ses avant-postes se heurtèrent contre Gudin qui commençait le mouvement prescrità Lccourbc sur les Grisons . C’était là une de ces complications sur lesquellesle vieux fcld-maréchal n’avait point compté. Au lieu de gravir d’embléele Saint-Gothard il fallut combattre. Il marcha de sa personne sur Airolo avec 1 5,ooo hommes et envoya Rosenberg (6ooo) à Dissentis pour serabattre sur Urscren et cerner les troupes qui osaient lui tenir tête.
Gudin plia sous le poids delà colonne ennemie, non sans défendre,durant une journée entière, le revers méridional du Saint-Gothard . Sessoldais profitèrent des aspérités d’un terrain qui leur était connu , tuèrentaux Russes 1200 hommes d’élite sans éprouver de pertes. Le lendemainils se maintinrent avec la même ténacité sur le versant intérieur, puis,comme Rosenberg commençait à déboucher dans le val d’Urseren , ilss’enfoncèrent, par leur droite, dans les glaciers et prirent position sur lemont de la Fourche, prêts à ressaisir le Saint-Gothard ou à se porter surLucerne selon les évènemens. Dans cette dernière journée Lccourbe,aubruit de l’approche des Russes , se hâta de remonter la Rcuss afin de gagnerUrsercn; toutefois l’ennemi l’ayant prévenu, il fit détruire le pont duDiable et s’arrêta sur la rive opposée aussi long-temps qu’il put contrariersa reconstruction, après quoi il descendit la vallée et fit occuper, le longde ce précipice, les positions accessibles. Suwarof put alors se déployer