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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1799. 233

chcn-Thal, il avait à choisir entre la route do Schwilz et celle du montBragel. Toujours préoccupe de sa jonction avec Jcllacliich et Linkcn, ilprit la dernière ets’arrêta au projet de les rallier sur la Linlli pour se porterpar Wescn au-devant de Korsakof. Molitor n’avait que deux batail-lons quand la tête de la colonne ennemie l’aborda. Suwarof, informé desa faiblesse, l’avertit que scs deux lieutenans s’avancaient sur ses derrièreset le fit sommer de se rendre. La réponse fut loin d’être satisfaisante; Molitorapprit au fcld-maréchal que son rendez-vous était manqué, que les im-périaux étaient rejetés sur le Rhin , que l’armée d’Helvétic était partoutvictorieuse et que lui-même devait songer à déposer les armes.

Suwarof ordonna aussitôt l’attaque ; il n’avait devant lui qu’un millierd’hommes, mais un millier d’hommes rangés dans une de ces positionscomme la Suisse en présente;ils tinrent jusqu’au soir et le lendemain sevoyant tournés par leur droite ils se retirèrent sur la Linth. Une nouvelleaction s’engagea au confluent de cette rivière et du Kloen; la brigade en-tière renforcée d’un bataillon y prit part et son intrépide résistance, fer-mant aux Russes la route de Wesen, détruisit les dernières espérances deSuwarof. Le 4 octobre il évacua Glaris , et parles mêmes défilés qu’avaitsuivis Linken, il gagna les Grisons. Depuis onze jours que la Suisse étaitenvahie il avait été constamment tenu en échec par des poignées de com-battans. Le feu, les marches pénibles lui avaient enlevé le tiers de sonarmée.

Massena se retourna aussitôt contre Korsakof qui était revenu cn-deçà du Rhin , il le força de passer définitivement le fleuve, puis il s’em-para de Constance. Soult était toujours à Rheineck ; ainsi l’on avaitreconquis la barrière du Rhin . Ces mémorables succès rappelèrent l’archi-duc sur le Danube et amenèrent la dissolution de la coalition.

Dans les plaines de l’Italie, à la Trebbia , à Novi, l’élite de Suwarofavait péri; les vallées de la Suisse étaient jonchées des ossemens de ceuxqui avaient survécu à ces journées où la victoire avait été si chèrementachetée. Korsakof n’avait pas perdu moins de j 3,ooo hommes à Zurich .Enfin , il restait à peine 3o,ooo des 86,000 qui étaient successivementarrivés du fond de la Russie . Leurs généraux , furieux de ces désastres,accusèrent de perfidie le cabinet auliqüe ; et, sans attendre les ordres deleur cour, ils s’éloignèrent du théâtre de la guerre. Massena l'entra dansles Grisons par Dissentis et pénétra jusqu’à Mayenfeld. L’hiver arrêta scsprogrès et mit fin de toutes parts aux hostilités.

Pendant cette suspension d’armes, un immense évènement changea laface de la république. Le directoire fit place au consulat, c’est-à-dire àBonaparte. Le gouvernement, né de la convention, s’était trouvé enbutte à toutes les passions violentes soulevées par la crise inouïe de i 7 q 3 ;