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GUERRES DE LA REVOLUTION,meut des années, mais elle lui avait laissé la faculté d’embrasser dans unevaste combinaison l’ensemble des mouvemens. Il suffit de comparer sonplan avec celui de l’année précédente pour se faire une idée de ce quepeut la science de la guerre. 1
Les impériaux étaient divisés en deux commandeinens. En Italie ,Mêlas avait i 3 o,ooo hommes dont la mission était de prendre Gênes , deforcer l’Apennin et le Var et de pénétrer en Provence , où l’on espéraitsoulever la population en faveur des Bourbons et où l’on avait desseinde jeter 18,000 Anglais rassemblés à Mahon et 20,000 Napolitains.
En Allemagne , Kray avait remplacé l’archiduc; son armée forte de120,000hommes, destinée à la défensive, subdivisée en trois-corps, étaitainsi répartie : 1° dans les Grisons et le Vorarlberg , le prince deRcuss( 3 o,ooo), communiquant avec Mêlas par Bcllinzona, avec Kray par Brc-gentz et Lindau; 2 0 dans le pli du Rhin , entre Constance et Offembourg,le général en chef en personne : la droite sous Stzarray (1 5 ,ooo)à Fribourg et Offembourg; le centre sous l’archiduc Ferdinand (20,000) aux sour-ces du Danube; la gauche sous le prince de Vaudemont (1 5 ,000) à Stoc-kach et la réserve sous Giulay (20,000) à Stuttgardt; 3 ° sur le Mein Al-bini (20,000),
Les armées françaises étaient en position inverse; Massena devait con-server le littoral de Gênes, et Moreau, sans s’inquiéter du prince de Reuss ni de cette chaîne culminante des Alpes à laquelle on avait attaché na-guère une puérile importance, avait ordre d’envahir l’Allemagne endébouchant en masse par Schaffhouse sur la gauche de Kray.
Selon l’idée générale de l’opération,.l’armée d’Italie formant une co-lonne longue de 5 o lieues, parallèle à la mer, n’ayant pour retraite que laroute de la Corniche, ne pouvait manquer d’inspirer à Mêlas la ten-tation de s’enfourner dans l’Apennin et de faire face à la Méditerranée;dans le même temps que Kray, rejeté au-delà du Danuhe, serait con-traint de se retirer par l’Allemagne centrale , et que le prince de Reuss ,isolé dans le Tyrol, débordé par sa droite, n’aurait plus qu’à évacuer sans,combattre les sommités qui, l’année précédente, avaient coûté tant de sang,On tendait ainsi à dégager le côté méridional de la saillie de la Suisse afin d’être maître de se rabattre sur l’Italie .
Celte admirable combinaison subit quelques changemens dans l’exé-cution; Moreau trouva trop de difficultés à passer le Rhin tout entier àSchaffhouse . Il voulut rester libre d’indiquer la marche de ses divisions;il fallut lui céder, quoi que dût en souffrir le résultat, qui fut moins promptet plus disputé, mais non moins décisif.
Pendant l’hiver, des maladies contagieuses avaient désolé l’Italie ; l’ar- *mée française, livrée au désordre d’une administration infidèle, en avait