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CAMPAGNE DE 1800.
cruellement souffert. Elle était encore dans un état de désorganisation etde faiblesse lorsque, au commencement de mars, le général autrichien, es-pérant la prendre au dépourvu, mit en mouvement plus de 1 00,000hommes. Il rangea dans le Piémont 3 o,ooo hommes sous Kaïm, Ilad-dick et Wukassowich pour surveiller les cols des Alpes ; il fit déboucherde la Toscane Ott et Klenau avec 20,000 hommes pour envahir la ri-vière du Levant, et lui-même déploya dans la plaine d’Alexandrie 60,000 hommes pour menacer à-la-fois la Bocchelta et la route de Car-carc.
Ott ouvrit le feu vivement dans le dessein d’attirer à lui Massenatout entier et de facilitera Mêlas le moyen de percer jusqu’à Savone ;mais Massena le pénétra sans peine et le déjoua en ne lui opposantqu’une division, tandis qu’il se portait en personne sur les sommets delachaîne entre Gênes et Millesimo , et que ses reconnaissances éclairaientCe va, Dego et Novi.
Mêlas ne s’était point préparé à charger à fond ; lorsqu’il se fut as-sure que les Français ne se laisseraient point surprendre, il se borna àentamer une guerre de postes qui fut intrépidement soutenue. L’arméerépublicaine se rangea : la gauche sous Suclict (12,000) de Nice à Sa-vone, afin de maintenir la communication avec la France ; le centrecommandé par Soult (12,000) de Savone à Gênes ; la droite et la réserveautour de la ville.
On lutta de la sorte pendant un mois; enfin, le 6 avril, Mêlas, ayantformé sur tous les points ses colonnes d’attaque, les ébranla simultané-ment. Ott marcha dans la rivière du Levant, Hohenzollern sur la Boc-chetta; mais le principal effort fut dirigé contre les cols qui aboutissentà la Bormida et contre les hauteurs de San-Giacomo et de Mclogno silong-temps disputées durant les premières campagnes. 3 o,ooo hommes etle général en chef se précipitèrent à l’assaut des redoutes qui couvraientla droite de Suchet et la gauche de Soult. Celles-ci furent vaillammentdéfendues, leur nom rappelait tant de glorieux souvenirs! C’étaitMontenotte, c’était Montelcgine, c’était Cadibone; mais elles renfer-maient à peine [\000 hommes. Ces braves, toujours en fléchissant, sou-tinrent le choc pendant la journée entière. Vers le soir, Soult accourutavec sa réserve et prolongea la résistance. Cependant, à la nuit, tous lesrctranchemens étaient enleves, les impériaux étaient dans Savone et lestroupes françaises battaient en retraite sur Yoltri.
Suchet, d’abord assailli moins rudement, resta maître du terrain;mais on manœuvrait pour le tourner, et le lendemain, l’ennemi donnal’assaut, depuis le Tanaro jusqu’à San-Giacomo; on voulait le replier dansl’ancjepne ligne de Borghctto et compléter dès ce moment l’investisse-