Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
245
JPEG-Download
 

245

CAMPAGNE DE 1800.

achevèrent de se former sur la rive droite du Pô, de s’y fortiüer et de cons-truire deux ponts. Ce fut alors que Desaix, «à peine de retour d’Egypte ,vint au quartier-général, impatient de prendre part à la bataille que l’onattendait; il fut accueilli avec joie et prit le commandement des doux di-visions de la gauche.

Cependant l’inquiétude commençait à gagner le premier consul. Crai-gnant de voir les impériaux lui échapper, il se porta d’abord sur la Scri-via, puis à San-Giuliano. Là, scs éclaireurs se répandirent dans la plainede Marengo où ils n’aperçurent point d’ennemis. On était en doute siMêlas marchait sur Gênes ou s’il n’avait point quitté Alexandrie . Desaixet Victor eurent ordre de pousser de fortes reconnaissances, le premiersur Novi, le second sur la Bormida. Celui-ci se heurta à Spinctta avecl’arrière-garde de Ott , forte de 5 à 4 000 hommes; il la mil en déroute,et ses avant-postes, après l’avoir poursuivie jusqu’à la Bormida, nedonnèrent point de nouvelles de Mêlas et ne découvrirent aucun indiced’une bataille prochaine.

L’armée passa la nuit : Victor à Marengo, Lanncsen arrière à droite,Desaix sur la gauche, à une demi-journée de marche de Bonaparte et lesréserves à Torre-di-Garofoldo et sur la Scrivia.

Cependant l’armée impériale, encore |indécise, était tout entière au-delà de la Bormida, où elle avait établi des ponts. Déduction faite desgarnisons, elle ne comptait pas moins de 3 i,ooo combattans. Dans cettemême nuit, le général en chef et son conseil arrêtèrent avec transport larésolution de se frayer la route de Plaisance en passant sur le corps deleurs adversaires. Ils étaientsupérieurs en nombre, surtout en cavalerieet artillerie. Ils avaient pour eux les souvenirs de l’année précédente et ils’agissait de vaincre ou de perdre l’Italie .

Le j 4 , dès l’aube, ils défdèrent sur trois ponts et portèrent les têtesde colonne de droite et du centime sur la route de Tortone .

La vaste plaine, où la querelle allait se vider, ne présente qu’un petitnombre de points d’appui: d’abord à mille toises de la Bormida et à troisquarts de lieue l’un de l’autre, les villages de Marengo et de Castel-Ceriolo,tous deux couverts par un ruisseau parallèle à la rivière; puis, deux lieuesplus loin, San-Giuliano, puis encore, deux lieues au-delà, la Scrivia quel’on passe à Torre-di-Garofoldo; en avant de Tortone , et à Sale près deson confluent.

De part et d’autre, on sc forma sur le ravin et vers 8 heures, le feu s’al-luma avec une grande activité. À la vivacité de la canonnade, Bonapartereconnut que la journée décisive était enfin venue. Loin de s’y attendre,il n’avait songé qu’à garder en même temps les routes divergentes de Gênes et d’Alexandrie . A peine lui restait-il 18,000 hommes dans la plaine où sc