24è GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
répandaient toutes les forces de Mêlas, dont aucun indice ne dévoilait leplan.
Jamais peut-être plus grand péril n’inspira de plus habiles disposi-tions. U ne tarda pas à savoir que deux lignes s’étaient déployées de-vant Marengo cherchant surtout à peser sur la droite de Victor. Il sutque la colonne de gauche commandée par Elsnitz, laissant de côté Castcl-Ccriolo, manœuvrait de manière à déborder les deux divisions françaises.Dès-lors il comprit que son adversaire voulait dégager la route de Tor-tonc, pénétrer jusqu’à Torre-di-Garofoldo, enfin jeter l’armée de réservedans les montagnes où elle eût été très gênée, et, pour déjouer ce dessein,il lui suffit de changer à-la-fois la ligne de retraite et l’ordre de la ba-taille.
Les 18,000 hommes étaient échelonnés : la gauche en tête de Marengoà la Scrivia, ayant pour retraite le pont en avant de Torlone et la granderoute de Plaisance. U résolut de ranger l’armée entière (28,000) paréchelons de Castel-Ceriolo à San-Giuliano, la droite en avant, et de luidonner pour retraite le pont de Sale, d’où l’on peut gagner directementYoghcra. Au moyen de cette belle et simple combinaison, Desaix arri-vant de Rivalta, reprenait naturellement son rang et l’on débordait lagauche de l’ennemi, tandis que sa droite, obtenant les premiers succès,frappait à vide.
.Tout s’ébranla pour prendre position. L’une des divisions de la gau-che, restée en réserve sous Carra-Saint-Cyr, marcha sur Castel-Ceriolo ;les grenadiers à pied de la garde consulaire (900) passèrent à la droitede Lamies, et Bonaparte lui-même, avec son escorte et son état-major,se porta en première ligne. Desaix avait déjà reçu l’ordre de se rendreau pas de course à San-Giuliano.
Dans ce moment, Victor, après avoir perdu et repris plusieurs foisMarengo, constamment assailli par des troupes fraîches, avait fini parplier. Ses divisions à demi-détruites, débordées, enveloppées de toutesparts, venaient de lâcher pied et les fuyards se dispersaient dans les vi-gnes. entre Marengo et San-Giuliano. La bataille reposait sur Lannesqui, s’étant développé pour soutenir Victor, avait attiré à lui le centredes impériaux. La déroute de son collègue le compromettait à son tour.Sa gauche était découverte et la cavalerie d’Elsnitz se préparait à la char-ger par la droite sur ses derrières.
A l’apparition du premier consul, tout changea de face. Elle produisitl’effet magique qui pendant quatorze ans a enfanté tant de prodiges ; on nedouta plus du succès. Les troupes de Victor se rallièrent sur San-Giuliano,les grenadiers de la garde, se formant en carré à l’extrême droite, le flan-quèrent sur la pointe de Elsnitz qui se brisa contre leurs baïonnettes et ne