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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Engcn il plia sous le faix. Pendant que ses troupes prenaient position àBiberacb, Saint-Cyr ayant tourné Je lac, s’avançait sur cette ville en cô-toyant la rive gauche. Arrivé inopinément en présence de l’ennemi, iln’hésita pas à attaquer, tête baissée ; il rompit la ligne en avant de la Risset pénétra dans la ville pêle-mêle avec les fuyards. A ce moment, Mo-reau déboucha par la route de Pfullendorf en battant la charge. Ce signalassuré d’une belle victoire, transporta d’une nouvelle ardeur les divisionsqui étaient déjà engagées; elles forcèrent le passage de la rivière; le dé-ploiement de la réserve à leur droite et à leur gauche acheva la défaitedes impériaux, qui se retirèrent à Ochsenhausen , sur la Rotham.
Là, le feld-maréchal prit une honorable résolution. U venait d’échoueren cherchant à briser le second échelon de la colonne française. Au lieude se mettre sur-le-champ en sûreté dansUlm, il osa courir au premieréchelon et présenter son front à l’attaque de Lecourbe. Placé sur les hau-teurs entre Memmingen et l’iller, dont il avait détruit les ponts, il se miten mesure de surveiller à-la-fois la route deBiberach et dcLentkirch; maisses adversaires ne se laissèrent surpasser ni en vigueur ni en activité.Avant que ses retranchcmens fussent achevés, Lecourbe déborda ses deuxailes en passant la rivière à Biberach et Egelsée, gravit d’élan les hauteurs,enfonça les impériaux et poussa jusqu’à Memmingen . Ce hardi coup demain détruisit les dernières espérances de Kray, qui n’eut plus qu’à des-cendre niler et se renfermer dans le camp retranché d’Ulm, pour atten-dre des renforts et se réorganiser. Le prince de Reuss , pour communi-quer avec lui, se retira jusqu’au Lecli, et abandonna définitivement leVorarlberg et les Grisons , où il ne laissa que les garnisons de Fcldkirchet Luciensteig.
Moreau fut long-temps arrêté par la forteresse d’Ulm. Le départ des12,000 hommes qu’il fournit à l’armée de réserve, scs pertes depuis l’ou-verture des hostilités, l’étendue de son front d’opérations, l’obligèrent àbeaucoup de prudence, et ses manœuvres pour déposter Kray sont loind’inspirer l’intérêt des conceptions rapides de celui dont on crut un mo-ment qu’il pouvait balancer la renommée. Elles ne sont cependant pasindignes d’être remarquées.
Il essaya d’abord, en continuant sa marche, d’entraîner avec lui 1 arméeimpériale; mais Kray, loin d’obéir à son mouvement, lui permit de pro-longer sa droite jusqu’à la Kamlach, et lorsque les dernières troupes deSaint-Cyr eurent franchi l’Uler, il présenta son front à Sainte-Suzannequi suivait sur la rive gauche du Danube l’impulsion generale. Sainte-Su-zanne fit bonne contenance; voyant les impériaux profiter de l’extensionde sa ligne, pour porter leur effort contre sa droite, entre Erbach et lefleuve^ de manière à l’acculer aux montagnes du Rauhe-Alp, il aban-