CAMPAGNE DE 1800; 253
donna de lui-même l’appui du Danube et se groupa d’Aacb à Papelau.Dans cette position plus resserrée, il était sûr de braver long-temps l’at-taque, et tel était le bon accord entre les généraux de l’armée du Rhinqu’il ne doutait pas d’un prompt secours. En effet,Saint Cyr n’eut pointplutôt entendu le bruit du combat, qu’il se bâta de repasser l’iller, d’ac-courir sur le Danube , et de mettre ses pièces en batterie sur le rivage. Enfoudroyant à revers les impériaux, il leur fit lâcher prise et ils rentrèrentdans Ulm.
Cet engagement suspendit la marche de Moreau, qui eut recours, sansplus de succès, à un autre moyen d’intimider son adversaire; il portasur la Blau jusqu’aux glacis d’Ulm Sainte-Suzanne soutenu par Saint-Cyr,il plaça la réserve à cheval sur l’Iller et en rapprocha Lecourbe.
Kray connaissait trop la force de ses retranchemens pour craindre unassaut, et il le fit voir en ordonnant des sorties pour déblayer les valléesde la Guntz et de la Mindel. Moreau, convaincu de l’impossibilité d’uneattaque de front, prit enfin le parti d’envahir franchement la Bavière ; ilrappela, sur la rive droite du Danube , Saint-Cyr et Sainte-Suzanne,rangea le dernier de Goekingen au confluent de la Riss, et déploya lereste de l’armée de l’Iller au Lech.
Les deux généraux opposés se combattaient avec les mêmes armes.Celait entre eux un échange de stratagèmes, d’ale.rtes et de démonstra-tions. A peine l’armée française eut-elle abandonné la rive gauche du Da-nube que des détachemens impériaux mirent en alarme toute la Souabc,enlevèrent la garnison de Donaueschingen , dont il poursuivirent les dé-bris jusqu’à Schafhouse, et insultèrent le fort de Kehl . En même tempsdeux fortes reconnaissances furent poussées sur les extrémités de lacolonne de Moreau ; l’une eu débouchant du pont de Guntzburg eutun léger engagement avec les flancs de Lecourbe, l’autre, passant àDonaurieden, sépara d’abord les deux divisions de Sainte-Suzanne qui,toutefois, la rejetèrent rudement sur l’autre rive.
Ces incidens, auxquels Moreau était fait, ne changèrent point ses dispo-sitions, et Lecourbe, continuant à pousser en avant, entra de vive force àLandsberg,puis à Augsburg . Kray nes’en émut point; et, surpris de son im-mobilité, le général français, après quelques jours d’attente, résolut demenacer plus directement ses communications ; il rappela Lecourbe pourle porter droit au Danube .
Dans le même moment l’ennemi opérait sur la ligne de retraite.L’archiduc Ferdinand franchit le Danube avec 25,000 hommes et, lesappuyant à la Riss et à la Rotliam, il se mita déborder l’extrême gauchede l’armée. Saint-Suzanne, appelé au commandement d’un corps en for-