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CAMPAGNE DE 1800.
Pondant toute la journée suivante, le mouvement rétrograde s’exécuta.Au soir, le quartier général atteignit Holienlinilen , gros bourg situé àl’issue de la forêt du même nom qui resserre pendant plus de deux lieue»la seule route alors praticable. Moreau résolut d’y faire halte et detirer parti de cette belle position pour retarder l’archiduc et gagner letemps de concentrer toute l’armée autour de Munich .
11 plaça Grenier avec la réserve de cavalerie et les divisions Legrand etHardy à Ilarthofen; Ney etGrandjean se déployèrent à droite et à gauchede Holienlinden au débouché des bois. Richepanse et Decaen gagnèrentEbersberg pour se porter en avant après une halte de quelques heures,et occuper Mattenpœlt ou commence le défilé. Au moyen de ces dis»positions, le général en chef espérait ou arrêter tout court les impé-riaux , ou les envelopper dans la forêt s’ils avaient la témérité de s’yengager. Malgré les iucidens qui les contrarièrent, elles amenèrent unsuccès prompt et brillant, grâce à l’audace et à la présence d’esprit deRichepanse.
Le 3, avant Je jour, l’archiduc partit d’Haag dans le but de réunirtoutes ses forces sur les hauteurs qui bordent l’Isar . Il avait rappelé KlcnaudeRatisbonne. Kienmayer et Latour amenaient à droite par Dorfen a5à 3o,ooo hommes; une colonne de 10,000 hommes s’était détachée àgauche pour éclairer la marche du centre en côtoyant la lisière de la fo-rêt. Le prince n’hésita pas à s’enfoncer dans le défilé de Hohenlinden avec /jo,ooo hommes, les parcs et les bagages. Mais tandis qu’il suivaitune route ferrée, ses ailes étaient embarrassées dans des chemins detraverse par un temps affreux, il les devança donc et il avait déjà dé-passé Mattenpœtt que sa gauche était encore loiu du bois.
Cependant Richepanse et Decaen cheminaient en sens inverse, re-tardés aussi par la neige et les difficultés du terrain. Le premier, avecdeux régimeus d’infanterie et un régiment de cavalerie, était à troisquarts de lieue à gauche de Saint-Christophe, quand la colonne autri-chienne, s’y présentant, le coupa de sa seconde brigade (Drouet) et deDecaen.
Sans perdre de temps à rouvrir la communication, il courut àMattenpœtt dont la possession ne lui fut point disputée. Au sortir de cevillage il se trouva en présence de 8 escadrous, extrême arrière-garde dol’archiduc qui, «à ce moment, avait achevé de défiler. Cette troupe se miten bataille à droite de la chaussée, Richepanse, lui fit front et l’on com-mença le feu; mais le début de cet engagement ne lui promettant pas uneprompte solution, il prit une de ces résolutions hardies auxquelles souritla fortune. Il laissa, pour contenir la cavalerie ennemie, sa propre cava-lerie et, avec rinfanterie, il s’élança tête baissée dans la forêt.
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