CAMPAGNE DE 1806-1807.
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tion aux généraux ennemis et sut leur dérober son véritable pointd’attaque. Augereau manœuvra de Lalir à la Sieg et de la Sieg au Mein.Lannes, Bernadotte, passant le Mein à Schweinfurt, à Bamberg , se montrè-rent au-delà de Kœnigshofen et de Cobourg . Ces mouvemens semblaientpréparer l’investissement d’Erfurth. Ils persuadèrent au duc de Brunswickque Napoléon voulait déployer sa belle infanterie dans les forêts de la Thu-ringe où la supériorité de la cavalerie prussienne disparaîtrait. Frappéde cette idée le généralissime appela dans ses rangs le prince de Holien-lobe, ne laissant que des détachemens sur la Haute-Saale, et il prescri-vit une concentration générale à El’furth pour déboucher sur le Meinpar Mehmûngen et couper en deux l’armée française.
Cependant la garde etMurat, commençant à entrer en ligne, l’armée en-tière* forte de 195,000 hommes, se mit à appuyer à droite et à démas-quer l’attaque. Soult et Ney franchirent le Mein au-dessus de Bayreuth pour se porter à Ilof. [Napoléon , avec la garde, la réserve de cavalerie,Davout ét Bernadotte, défila par Kronach sur Saalburg . Enfin Launesmarcha de Goburg sur Saalfeld suivi de loin par Augereau. Ces troiscolonnes convergèrent vers Géra. On envahissait donc la Saxe, on dé-bordait l’aile gauche de l’ennemi, on prenait sur lui l’initiative, et, enle coupant de Berlin , on le forçait de commettre à une seule journéele sort de la campagne.
A l’approche de cette masse épaisse, les détachemens qui gardaientHof et Saalburg se replièrent à Schleitz sur le corps de Tauentzieu ( 5 àGooo). Le général prussien, après avoir pris diverses positions, recon-nut l’impossibilité d’assurer ses flancs et de soutenir le choc. Il laissadans Schleitz une forte arrière-garde pour couvrir sa retraite et prit laroute d’Ultn. A peine était-il hors de la ville, que Maison, y pénétrantvivement à la tête d’une brigade légère du i er corps, se rendit maîtredu pont; Tauentzien fut obligé de faire volte-face et le combat devint gé-néral ) mais Murat, accourant avec deux régimens de cavalerie, char-gea à dos les ennemis qui s’enfuirent en désordre à Auma affaiblis de 7à 800 hommes.
Le jour suivant Lannes eut aux bords de la Saale un engagement plussérieux. 7 à 8000 hommes du corps de Hohenlohe défendaient Saalfeld commandés par le prince Louis de Prusse, jeune homme impétueux,aimé de l’armee, dont il brûlait de relever 1 honneur et le premierpromoteur de la guerre. Son idée favorite avait été de prendre vigou-reusement l’offensive; frémissant à 1 idée dabandonner le poste quilui était confié, il s’obstina, malgré 1 évidence, à nier la présence d’uncorps de plus de uo,ooo hommes et il ordonna de prendre les armes.
Saalfeld est sur la rive gauche de la Saale , petite rivière profondé-