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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA REVOLUTION.

ment encaissée. Le prince n’ignorait pas que Napoléon débordait detous côtés sur la rive droite et qu’il ne lui restait de retraite que parSclnvarza bâti près du confluent d’un ruisseau de ce nom, déversé parles hauteurs, où il voyait se déployer les troupes qu’il osait affronter.Un a peine à comprendre sa résolution de soutenir le combat, au fondd’un ravin, et adossé à deux cours d’eau; l’issue n’en pouvait être dou-teuse. Lannes n’attendit pas toutes ses divisions. Il prit Suchet avectrois brigades, lui commanda d’en pousser une droit sur Saalfeld etde jeter les deux autres entre cette ville et la Schwarza. Après unerésistance aussi vive que pouvait le permettre l’aspérité du terrain,la ligne ennemie fut débordée et rompue par son centre. La plus affreuseconfusion se mit dans les rangs; le prince, en faisant des efforts déses-pérés pour rallier les fuyards, fut atteint par le maréchal-de-logis Guin-detqui le somma de rendre son épée; il répondit en se mettant en dé-fense et il reçut une blessure mortelle. 3 ooo morts et prisonniers, toutle matériel restèrent sur le champ de bataille, le reste s’échappa enpassant la Saale et en gagnant le corps de Tauetnzien à travers pays.

Cette déroute complète fut le prélude de l’entière désorganisationde l’armée prussienne. Le 11 l’avant-garde de Murat prit position àGéra , le lendemain et le surlendemain, pendant que Lannes, suivid’Augereau à une journée de marche, se portait sur Iéna par la rivegauche de la Saale , les colonnes du centre et de la droite se concen-trèrent à Géra et l’empereur y porta son quartier général.

On était parvenu victorieux au centre des communications de l’en-nemi, on enleva ses convois, ses courriers; l’on apprit que le prince àWurtemberg transportait la réserve de Magdebourg à Halle, que lesmagasins étaient à Naumburg et le quartier général à Weymar. Cesindications suffirent à Napoléon ; conjecturant que Brunswick allaitmanœuvrer pour sauver ses magasins et rallier ses réserves, il résolutde prévenir sa jonction avec le prince de Wurtemberg et de le prendreen flagrant délit, au moyen d’une marche de flanc. La grande-arméefit ün quart de conversion à gauche et s’ébranla pour enlever Naum-burg et saisir les défilés de la Saale. Davout , Bernadotte fet Muratcoururent à Naumburg ; Napoléon , Soult, Ney et la garde se tinrentprêts à marcher sur Iéna .

Les coalisés, en effet, après avoir poussé jusqu’au Mcin, s’étaienthâtés, au bruit de l’invasion de là Saxe, d’évacuer la Thuringe et derebrousser chemin jusqu'à Weymar. Lorsqu’ils apprirent que l’arméefrançaise prolongeait son mouvement, ils crurent qu’elle allait droitl’Elbe et ils se mirent à la côtoyer en se couvrant des escarpetnensde la Saale , pour se concentrer au confluent de l’Unstmtt. Le roi ét