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CAMPAGNE DE 1808.
Castanos ouvrit le feu au pont d’Andujar ; il fut repoussé; cependant lesguérillas de Cruz défilèrent par Marmolejo, sur le flanc droit des Fran-çais , et Coupigny se montra sur leur gauche, à peu de distance du pont.Le général en chef, surpris de ce déploiement qui semblait préluder à unvif engagement, prescrivit dans la soirée à Vedel, de lui envoyer pendantla nuit une de ses brigades. L’ordre fut rhal compris; aux instances deDupont, Vedel crut qu’il s’agissait d’une bataille décisive, il ne voulutpoint se séparer de ses troupes et il conduisit en personne à Andujar sadivision entière, laissant à Gobcrt le soin de défendre le Haut Guadal-quivir.
Mais les mouvemens dont le général en chef avait conçu tant d’in-quiétude n’étaient qu’une démonstration, destinée à lui cacher le vraipoint d’attaque, et la faute de Vedel seconda puissamment les projets del’ennemi. L’armc'e espagnole, que l’on croyait formée en masse au dé-bouché de la route de Séville , profita de la nuit pour pivoter sur Càsta-iios, et au point du jour, pendant que la canonuade recommençait de-vant Andujar, Reding avec la division de droite, composée de Suisses etde troupes réglées, surprit le guédeMengibar, se mit en bataille sur larive droite et menaça Baylen et Linarès. Les Français plièrent sous lefaix et se retirèrent, mais très lentement jusqu’à Baylen , en appelant dusecours. Gobcrt accourut à la tête d’un régiment de cuirassiers, il or-donna la charge, il enfonça Reding; mais il tomba mortellement blessé,ses troupes s’arrêtèrent et le commandement se trouva dévolu à Dufour,qui se mit à reculer. Toutefois l’ennemi, loin de reprendre l’attaque,em-ploya le reste de cette seconde journée à regagner l’autre rive. C’étaits’avouer vaincu, et ce combat, en démasquant le plan des généraux en-nemis, indiquait assez ce qu’il y avait à faire. Mais le jour suivant, Du-pont se contenta de renvoyer Vedel à Baylen. Pendant que celui-ci reve-nait dans la position qu’il n’eût jamais dû quitter, d’étranges complica-tions y étaient survenues. Dufour était encore à s’expliquer commentReding avait pu se retirer au moment même où un nouvel effort lui eûtdonné la victoire, lorsqu’on lui apprit que Valdecanaz avait surpris leposte de Linarès et que ses troupes fdaient sur les hauteurs. A cette nou-velle, il crut tenir le nœud des combinaisons de l’ennemi, il crut l’arméeentière engagée dans cette marche de flanc, et, impatient de la déjouer,il se hâta lui-même de saisir le col de la Sierra. En arrivant à Baylen , àla fin de cette journée si féconde en fatales méprises, Vedel fut singuliè-rement surpris de n’y trouver personne ; il apprit le mouvement de Du-four, et, ne pouvant douter de ses motifs, il le suivit dès le lendemain,après en avoir averti le général en chef.
Une décision rapide eût sauvé le corps d’armée ; mais Dupont perdit
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